Brahim Koutari, acteur: s’épanouir par le biais du théâtre

Brahim Koutari voit le théâtre comme un outil qui favorise l’ouverture au monde. L’acteur et comédien à l’affiche de la pièce Huit heures ne font pas un jour, partage dans cette interview sa vison du théâtre.  

Le rêve d’un enfant; “apprendre tout ce qui à connaître dans ce monde”. Il voit le théâtre comme un moyen d’atteindre ce rêve. Les différents personnages lui permettant d’acquérir toujours plus de connaissances et d’en apprendre plus sur sa personne.
Brahim Koutari, 27 ans, est originaire de Grenoble. Intrigué par le jeu de scène, il se met à interpréter différents rôles dans sa ville natale. Mais comme beaucoup de jeunes comédiens et acteurs, les difficultés du milieu l’on conduit à arrêter tout ce qui rapprochait à ce monde. Cependant, la vie le remet sur le devant de la scène lorsqu’il fait partie des dix dernières personnes sélectionnées pour entrer à La Comédie de Saint-Etienne après avoir interprété La Mouette de Tchekhov, et Juste la fin du monde de Lagarce, un classique et un contemporain. Avec quelques rôles sur les écrans à son actif, le grenoblois captive l’attention du spectateur au théâtre. Avec le temps, le comédien développe un intérêt pour la transmission de savoir, qui se materialise dans les cours de théâtre qu’il donne à Grenoble ainsi qu’à Paris. Selon lui “transmettre est l’une des plus belle chose qu’on puisse faire dans cette vie”. 

Portrait de l’artiste Brahim Koutari
©Brahim Koutari

Qu’est ce qui t’a poussé à être au devant de la scène ?

Brahim Koutari: J’ai toujours eu envie de monter sur scène. Faire des films, pour permettre aux habitants de chez moi de s’évader ne serait-ce que pour un court instant. Soit pour me détester parce que mon personnage est détestable ou m’aimer, parce qu’il est beau.

Combien de temps te faut-il pour t’imprégner d’un personnage? 

Brahim Koutari: Environ trois semaines. J’apprend vite, ce qui en fait l’une de mes qualités d’acteur. J’apprends une trentaine de pages en deux semaines environs. Après avoir appris le texte, je le laisse monter. Un peu comme une pâte à pain. Je laisse le temps au personnage de se construire. Les répétitions permettent aussi d’échanger avec nos partenaires, et d’en apprendre plus sur notre personnage en fonction des répliques des autres.

As-tu déjà des trous de texte sur le plateau? 

Brahim Koutari: Oui. On le sent arriver, et cela peut faire peur mais il faut apprendre à le gérer. Et comme le public n’a pas connaissance de mon texte, je peux toujours improviser à ma façon. 

Parmi tes nombreux rôles, il y en a-t-il un qui t’ait affecté plus que d’autres? 

Brahim Koutari: Il y en a deux en particulier. Dans Anéanti où j’ai joué un mari violent, très violent. Et Don Juan par rapport à la parlure. J’aime son élégance et j’ai encore en tête beaucoup de ces tirades. Je m’amuse à les ressortir de temps à autre. 

Tu es aussi apparu sur nos écrans, comment décrirais-tu Brahim l’acteur en regard de Brahim le comédien? 

Brahim Koutari: Bonne question…Je dirais qu’au théâtre je suis beaucoup plus moi-même. Je peux laisser transparaitre ma créativité. Alors qu’au cinéma, c’est Brahim plus le personnage. Je ne joue pas de la même manière. Au théâtre, je peux prendre le temps de guider le spectateur. Comparé au cinéma, où tout se passe à l’instant T.

Tu as obtenu une agente en 2021, comment la transition s’est-elle passée? 

Brahim Koutari: Pendant trois ans j’envoyais mon book à toutes les agences de France. Par chance, je me suis fait repéré lors d’une rencontre avec les responsables de l’agence AS talent. Très grosse agence, avec des acteurs comme  Jean Reno, Christian Clavier etc. J’ai été contacté deux jours après le début du confinement et on ma dit “on va faire un bout de chemin ensemble”. Avoir une agente simplifie ma charge de travail mais étant perfectionniste, j’aime aussi démarcher de mon côté et prendre des initiative et chercher mes propres roles.  

Tu as aussi fait de l’humour, comment ce fait-il qu’il n’en reste aucune trace ? 

Brahim Koutari: Parce que j’ai supprimé toute mes vidéos en rapport avec l’humour. J’ai fait des sketch dans le DebJam, mais j’ai du arrêter très vite. Je ne gagnais pas d’argent et je devais aussi rentrer pour m’occuper de mes parents. J’ai donc arrêté la comédie et j’ai cherché un travail. 

Qu’est ce qui t’as poussé à reprendre la comédie?

Brahim Koutari: J’ai suivi des cours à Grenoble avec Nasser Djemaï et Ali Djilali. Nasser Djemaï m’a encouragé à faire une école d’acteur. J’hésitais un peu parce que j’avais mon travail, je gagnais bien ma vie et cela me permettait de faire plein de chose. Mais une chose en a entrainé une autre et j’ai fini par passer l’examen. 

Qu’est-ce “J’Te raconte”?

Brahim Koutari: Il s’agit de ma mini-série, que j’ai réalisée avec l’aide des personnes de mon quartier de l’Échirolles à Grenoble. Les sujets sont divers, avec un format épisodique. J’ai entrepris ce projet pour me familiariser avec la réalisation et être plus à l’aise lors de la réalisation de mon court métrage qui débutera au mois de décembre. 

Comment fais-tu pour gérer ton temps, entre donner des cours de théâtre, faire du théâtre toi-même, mais aussi réaliser du contenu?

Brahim Koutari: J’aime ce que je fais, donc je trouve le temps de le faire. Selon moi, transmettre est l’une des plus belle chose qu’on puisse faire dans cette vie. J’aime transmettre et je sens que j’apprends aussi beaucoup des interactions avec les personnes auxquelles je donne des cours de théâtre à Grenoble comme à Paris.  J’apprend énormément en retour. C’est pour cela que j’ai réalisé en 2021 un reportage en collaboration avec un artiste (@jimsconway) pour le concours France3 x Yard, dans le but de montrer en image qu’il y a aussi du talent dans les quartiers. Pour démystifier la banlieue et montrer qu’il y a autre chose que la violence, souvent représentée dans les médias. 

Si tu devais donner un conseil à quelqu’un qui voudrait se lancer dans le monde du théâtre, qu’est ce que cela serai? 

Brahim Koutari: Reste fidèle à toi-même. C’est important de ne pas se donner un genre. Ce sont les valeurs et les principes qui nous habitent qui font de nous ce que nous sommes.

Propos recueilli par Mariama Camara

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