« Jamais sans ma fille », une biographie dramatique qui fait polémique

En août 1984, Betty Mahmoody voyage dans le pays d’origine de son mari, l’Iran. Elle a finalement vécu dix-huit mois de calvaire avec sa fille Mahtob. Leur objectif ? S’enfuir et retourner aux Etats-Unis.

« Jamais sans ma fille » est livre biographique qui raconte le voyage d’une famille américaine sans histoire qui vire au cauchemar. Les faits se sont passés au début des années 1980, à l’époque où le chef religieux et politique Khomeini tenait l’Iran d’une main de fer. Betty Mahmoody vivait au Michigan avec son mari médecin Moody Mahmoody et leur petite fille Mahtob qui avait 6 ans. Ils décident de voyager en Iran pour rendre visite à la famille de celui-ci mais Betty Mahmoody comprend vite, dans l’avion, que ce voyage ne sera pas paradisiaque. C’est une femme libre qui atterrit dans un pays où il faut se plier à des règles très strictes, la charia. Dans ce livre, le récit de Betty Mahmoody est poignant et émouvant mais de nombreux passages sont racistes et nous questionne sur les réelles intentions de cette femme qui a vécu l’enfer.

Moody Mahmoody, sa femme Betty et leur enfant Mahtob aux Etat-Unis © Pinterest

Tu ne quitteras jamais l’Iran ! Tu y resteras jusqu’à ta mort. Maintenant vous êtes dans mon pays. Vous devez respecter mes règles.

Jamais sans ma fille, 1987

Sous la contrainte de Moody, Betty et Mahtob doivent porter le voile et se couvrir de la tête aux pieds lorsqu’elles quittent la maison et marchent dans la voie publique. Son mari change petit à petit et commence à ressentir une haine profonde contre le pays d’origine de sa femme. Pour cause, les Etat-Unis avaient lancé un coup d’État en Iran faisant de nombreux morts. Betty décrit qu’elle doit supporter la saleté des iraniens, leur fanatisme religieux, les longues queues afin de se procurer de la nourriture et les arrestations de la police des mœurs. Elle explique que son mari avait confisqué leurs passeports, les empêchants de quitter le sol iranien. Elle sera battue, enfermée et menacée de mort. Afin d’amadouer son mari, elle fera semblant d’être soumise pour pouvoir sortir en cachète et trouver de l’aide.

Mahtob, 6 ans, (à droite) est voilée et prête pour aller à l’école © Paris Match

L’incertitude augmente la tension mais entretient l’excitation de l’espoir.

Jamais sans ma fille, 1987

À la fin du livre, les lecteurs sont choqués par ce qu’ils viennent de lire ou au contraire, alarmés par de tels faits. Ce témoignage est le point de vu d’une femme américaine meurtrie. Il ne faut pas oublier que ce livre n’est qu’une version des faits. Dans le documentaire « Sans ma fille », la version du père nous montre de nombreuses incohérences. Les spectateurs observent un homme d’une grande tristesse qui pleure la disparition de sa fille et qui souhaite la retrouver, 15 ans après. Il dit que Mahtob a été kidnappée par sa mère Betty. Les témoignages d’iraniens que Betty mentionne dans son livre dénoncent plusieurs mensonges. Moody n’a jamais levé la main sur elle. Ils ne l’ont jamais vu avec des blessures et Betty ne montrait pas de signes alarmants. Elle pouvait sortir du domicile familiale sans problèmes et leurs passeports n’étaient pas confisqués. Ils sont sceptiques et ne croient pas au fait que Betty se soit enfuie à pieds avec Mahtob en traversant le désert et la frontière. Les conditions du pays sont trop dures pour une femme accompagnée d’un enfant. Ils disent tous que, si elle aurait voulu quitter le pays, elle aurait pu le faire car Moody est un homme calme et responsable. Ils jugent absurde que Betty ait déclaré que les iraniens ne prennent de douche qu’une fois par semaine. Les iraniens trouvent que ce livre est raciste. Betty ment, s’attaque à la culture iranienne et à l’Islam. 26 ans après les faits dans une interview avec Paris Match, Betty déclare « Je fais souvent le même cauchemar, quelqu’un veut nous kidnapper ». Mahtob a bien grandit et ne veut pas pardonner à son père. C’est une famille en conflit, déchirée par les souvenirs.

Mahtob et Betty, 26 ans après leur fuite © The Mirror

Aujourd’hui, il y a beaucoup de témoignages de femmes qui ont vécu des faits similaires mais « Jamais sans ma fille » nous laisse un goût amer à la bouche. Comme une envie de critiquer les musulmans et de se révolter contre leur idéologie. Mais c’est un livre à lire en gardant un esprit critique et toute son objectivité.

Soukaïna Ghanimi

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