A Silent Voice

Un film d’animation émouvant qui aborde le problème du harcèlement scolaire

Un thème cliché des films typiques américains est enfin abordé d’une manière raisonnable. Les « teen movies » produits en Amérique font souvent l’étalage du harcèlement scolaire, mais de manière secondaire et amoindrie. L’adolescent « nerd » qui se fait maltraité par le chef de l’équipe de football américain du lycée, c’est une recette vue mainte et mainte fois mais qui ne cesse d’être réutilisée, mais pas dans A Silent Voice qui en fait sa thématique principale. Shouko Nishimiya est une jeune fille sourde qui se fait harceler par ses nouveaux camarades de classe de l’école élémentaire qu’elle vient d’intégrer. Bien que cela n’était pour eux qu’un moyen de s’amuser, Shouya Ishida et les autres élèves poussent leur souffre-douleur à changer d’école. C’est alors que Shouya se voit prendre le blâme de cet évènement à son insu et son statut d’harceleur l’isole des autres élèves qui s’en prennent à lui. Maintenant au lycée et incapable de faire face aux autre à cause de ce passé qui le hante, Shouya retrouve Shouko pour la première fois en dix ans et décide de se faire pardonner du mal qu’il lui a fait ainsi que de faire face à son passé qui le traumatise.

Shouko se fait harceler par Shouya ©Kyoto Animation

Koe no Katachi ne se limite pas à représenter une facette erronée et cliché d’une personne se faisant harcelé, mais explore l’aspect psychologique qui se dégage de l’isolement imposé par certaines personnes sur autrui à cause d’une simple différence. Le fait que Shouko se voit harceler à cause de ses actions montre le « cercle infini » de la haine et de la souffrance comme des rouages dans une horloge. Lui qui a isolé et fait souffrir une jeune fille grandis incapable de former de nouvelles amitiés, ou même de simplement regarder une personne dans les yeux. Cependant, malgré les conséquences de ses méfaits, il va apprendre à de nouveau s’ouvrir au monde, montrant ainsi qu’il n’est jamais trop tard pour se faire pardonner.

Shouya se renferme sur lui même et n’est plus capable de s’ouvrir aux autres ©Kyoto Animation

Quant à Shouya, elle nous montre à quel point son handicap la différentie du reste du monde. Sa famille aussi se voit martyriser à cause de son « problème » à elle, son père quitte le foyer, laissant sa mère seule à s’occuper de deux enfants, et sa petite sœur se fait harceler à cause de son handicap. Shouya se voit non pas comme une sœur ou une fille, mais plutôt comme un fardeau pour sa famille et les personnes qui l’entoure.

Yuzuru, la petite soeur de Shouko, après s’être fait rouer de coups ©Kyoto Animation

Passons les graphismes et l’animation qui sont de toute beauté, le succès mondial de Koe no Katachi passe surtout par l’histoire qui est racontée. Une sensibilisation est faite à travers le film qui représente la douleur et les séquelles physiques et mentales que subissent les personnes victimes de harcèlement. Plus de représentation fidèle du harcèlement et de ses effets néfastes, et moins dérisoire que dans les films américains, pourrait permettre d’éduquer la société et changer ses mœurs tout en combattant les inégalités.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :