Les réseaux sociaux, l’outil féministe

Le contenu quasi illimité et gratuit de ces plateformes permet une sensibilisation en douceur, ou presque, des utilisateur.ices.

Nombreux.ses sont celleux qui se sont sensibilisé.es aux questions liées aux violences sexistes et sexuelles sur les réseaux sociaux. L’abondance des comptes qui véhiculent des informations à ce sujet participe à l’amplification du courant féministe.

Instagram, une plateforme prisée par les féministes

Qu’il s’agisse de témoignages ou d’informations plus théoriques, Instagram, véritable mine d’or, regorge de contenus divers et variés. Alors que les médias plus mainstream ont tendance à traiter l’actualité avec un prisme hétéro-cis-normatif, cette plateforme est particulièrement propice à l’application du concept d’intersectionnalité qui vise à prendre en compte l’ensemble des oppressions que les minorités sociales subissent.

Les comptes des associations féministes tels que @Noustoutes permettent la diffusion de chiffres clés et de contenus théoriques. Utiles pour s’instruire sur les violences que peuvent vivre les femmes, qu’elles soient cisgenres ou transgenres, ce genre de comptes sont également indispensables pour savoir répondre au tonton sexiste présents aux repas de famille. Ces sources sont d’utilité publique car, encore trop peu partagées par les médias plus traditionnelles, elles participent à la déconstruction des injonctions intériorisées.

© Charline Vermont du compte instagram @orgasme_et_moi déguisée en vulve

D’autres pages abordent également la question de la sexualité féminine. Peut-être avez-vous déjà vu passer dans votre feed une femme déguisée en vulve ? Si non, allez vite la découvrir, ça vaut le détour. Il s’agit de Charline Vermont, autrice, formatrice en santé sexuelle et praticienne en sexothérapie. Elle aborde presque quotidiennement sur son compte @orgasme_et_moi des sujets liés au plaisir consenti. Bien plus utile que la majorité des cours d’éducation sexuelle dispensés par les collèges, elle publie, entre conseils et témoignages, du contenu divertissant, bienveillant et inclusif, basés sur le respect de soi et d’autrui.

De nombreux comptes Instagram sensibilisent également les utilisateur.ices sur des sujets bien souvent oubliés, une fois encore, des médias plus traditionnels. @Lecoindeslgbt diffuse de nombreuses interviews de personnes queers, leur donnant la parole dont iels sont en général privé.es. La richesse de cette page réside également dans la diversité des publications. Des informations sur l’actualité en lien avec la communauté LGBTQIA+ sont relayées, permettant ainsi de rendre visible les avancées sociales un partout dans le monde, mais aussi les atrocités que subissent, bien malheureusement, ses membres. Utile pour s’informer mais aussi pour se sensibiliser aux oppressions que les personnes queers vivent au quotidien, ce compte est d’intérêt général.

Youtube et le militantisme

De nombreuses chaîne Youtube s’adonnent à la vulgarisation d’informations scientifiques ou de la recherche. C’est le cas de la chaîne Et si c’était faux ? tenue par Léa Choue, étudiante en master de sociologie à l’EHESS. Dessus, elle parle, à partir de son expérience personnelle, de sujets liés, entre autres, au féminisme. En s’appuyant sur des chiffres et des thèses sourcées, elle déconstruit face caméra les injonctions qu’elle avait elle-même intériorisées. Cette façon de s’adresser au public, en faisant référence à son propre vécu, permet de s’identifier à elle et d’accepter plus facilement -parce que ce n’est pas toujours simple- ces vérités qui viennent bousculer toutes les normes intégrées depuis l’enfance.

© Camille et Justine

Il est difficile de parler du féminisme sur youtube sans faire référence à Camille et Justine, ces deux comédiennes et humoristes qui s’adonnent à la vidéo avec un franc parlé déconcertant qui touche systématiquement des vérités inavouées. Entre court-métrages à visée humoristique et videos plus informatives, elles abordent régulièrement des sujets sensibles qui valent la peine d’être traités. Parfois en association avec d’autres personnalités publiques, elles parlent sans langue de bois de tous ces sujets qui fachent (bien souvent les hommes cisgenre, il suffit de regarder la déferlante de haine laissée par ces messieurs sous leur vidéo). Un exemple qui mérite d’être cité, c’est Le privilège blanc, pourquoi c’est important d’en parler ? au côté de l’humoriste Elodie Arnould, publié en décembre 2021.

Enfin, dans un genre un peu différent, mais toujours dans la lignée du féminisme intersectionnel, la chaîne youtube C’est une autre histoire, tenue par l’historienne Manon Champier, regorge de contenu particulièrement intéressant. Elle vulgarise des sujets liés à l’histoire et s’attarde en général sur l’évolution des normes de genre à travers les siècles. Pourquoi les statues ont des petits pénis ? met en avant la transformation des codes liés à la masculinité. Cette vidéo permet de prendre conscience que, la virilité -tout comme la féminité d’ailleurs- n’est autre qu’une construction sociale qui ne cesse de changer.

Cet article ne parle que d’Instagram et de youtube, mais évidemment d’autres réseaux sociaux tel que Tiktok ou Twitter permettent eux aussi de véhiculer des idées bien souvent contraire à la pensée dominante, d’informer le public de masse et de faire évoluer les moeurs, doucement mais surement.

Neïla Hakmi

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