Sous les yeux clos des Moscovites : « Something is going on here ».

Alexander Gronsky pose son objectif sur le quotidien des Russes des banlieues de Moscou après l’invasion de l’Ukraine.

Depuis l’invasion de l’Ukraine les yeux du monde entier sont rivés vers la Russie. Alors que les scènes d’horreurs perpétuées par l’armée russe s’accumulent en Ukraine, les Russes se cachent derrière le prétexte d’une « opération militaire spéciale ». « Something is going on here », s’oppose aux images qui envahissent la presse de champs de bataille et souligne la passivité des Russes. Cette exposition met en action la ville de Moscou et le quotidien de ses habitants alors que la guerre fait rage à quelques kilomètres.

Né en 1980 à Tallinn, en Estonie, Alexander Gronsky vit actuellement à Moscou en Russie. Ses projets photographiques personnels lui ont permis d’étudier les effets de l’environnement sur les émotions et le comportement des populations locales russes. Ce n’est pas la première fois qu’il observe la Russie. Avec Less Than One (2006-2009), il se déplace dans les endroits les plus reculés de Russie.  The Edge (2008-2009) met en scène une Russie enneigée.

Avec « Something is going on here », Gronsky fait le choix de prendre la parole face au silence de ses concitoyens. Cela malgré les répercussions qui pourraient s’en suivre. Les dernières images de l’exposition démontrent parfaitement cela. Dans chacun de ces clichés, on retrouve la présence d’un citoyen, appareil photo ou téléphone en main. Souvent capturant des scènes impliquant des soldats comme s’ils prenaient des photos d’un concert ou d’une pièce de théâtre.

Cliché tiré de l'exposition du photographe russe présentée à la galerie Polka © Alexander Gronsky
Cliché tiré de l’exposition du photographe russe présentée à la galerie Polka ©Alexander Gronsky

La façon dont les photos sont exposées est cinématique. L’association des photographies nous permet de visualiser des scènes nous donnant l’impression de regarder un film traitant de la guerre. Dans un premier temps, des images de paysages épurés, déserts évoquant un calme absolu ouvrent le bal. 

©Alexander Gronsky

Graduellement, les images deviennent de plus en plus mouvementées et bruyantes. De plus en plus de personnes apparaissent dans les clichés. L’exposition se clôture par des images de soldats, de rassemblements de masse. On remarque des images de soldats, de véhicules de guerre puis derrière des cimetières. Les clichés sont placés de façon cohérente de manière à créer un rythme de plus en plus intense. 

Les couleurs sont un élément que l’on peut souligner. Le blanc omniprésent dans l’exposition évoque un environnement calme et paisible, contrastant avec la situation actuelle. Dans un premier temps en se rend compte que la première moitié de l’exposition est beaucoup plus coloré. La seconde partie de l’exposition l’est beaucoup moins. 

La présentation de l’exposition décrit bien les motivations de Gronsky. Elle nous apporte les éléments biographiques nécessaires concernant le photographe. Le manque de présentation des clichés constituant l’exposition est à déplorer. Seulement 3 photographies « d’introduction » sont légendées. Ce choix peut être justifié par la volonté de montrer la ville de Moscou inchangé à la suite des événements en Ukraine. Sans la présence de légende on peine à les situer dans le temps.

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