Quand l’art nous montre comment parcourir le monde éthiquement.

Jusqu’à fin janvier, la Fondation EDF présente l’exposition «Faut-il voyager pour être heureux ?» afin de nous pousser à remettre en question notre façon d’être touriste.

Si à la question « Faut-il voyager pour être heureux ?» votre réponse est oui, l’exposition du même nom vous touchera. Elle a lieu dans la Fondation EDF du 20 mai 2022 au 29 janvier 2023. Plusieurs thèmes y sont abordés : l’écologie, le tourisme de masse, les migrations, notre rapport au monde.

L’exposition nous amène habilement à remettre en question notre conception du voyage comme ingrédient du bien-être. Loin d’avoir uniquement pour objectif de faire culpabiliser les voyageurs, elle nous montre cependant les impacts négatifs des voyages. Le but est de nous faire changer notre approche de ces derniers.

Comment bien voyager est une question qui se pose dans le contexte actuel. Nous avons eu de longues périodes d’isolement dû au COVID-19 et lorsque la possibilité de voyager est réapparue, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a publié un rapport alarmant. Il nous montre qu’en 2019, 31 % des émissions de gaz à effet de serre sont dus aux transports.


L’exposition nous amène habilement à remettre en question notre conception du voyage comme ingrédient du bien-être.


L’exposition regroupe œuvres, installations, photographies, courts-métrages et témoignages d’experts dans un parcours thématique. Au rez-de-chaussée les thèmes abordés sont l’écologie et le tourisme de masse. On découvre un court métrage de Mali Arun, Paradisus. Parut en 2016, c’est une vidéo en noir et blanc sur le tourisme de masse.

Puis une installation regroupe 70 globes posés au sol illuminés. Ils semblent fragiles, à l’image de notre terre. L’installation est nommée Arrangement Globes terrestres et est réalisée par Ange Leccia. L’intérêt ici n’est pas seulement d’admirer une œuvre mais de comprendre son objectif.

Il est nécessaire de lire chaque texte pour bien assimiler le message de chaque artiste. Bien que, pour beaucoup, passer son temps à lire lors d’une exposition soit repoussant, ici les textes sont bien écrits, clairs et impactant. Ils donnent envie d’approfondir chaque sujet abordé. C’est une exposition riche dans laquelle il aurait été pertinent de proposer au public des références sur leur site web, afin d’être sûr que les visiteurs puissent approfondir les thèmes et saisir les enjeux socio écologique du voyage dans notre ère.

Des écrans sont aussi dissimulés dans l’espace avec un.e expert.e qui aborde le sujet dont l’œuvre voisine parle. Au premier étage les thèmes abordés sont les migrations, l’altérité et le tourisme de proximité. L’œuvre L’homme ne vit pas seulement de pain #2 de Taysir Batniji est composée de savon de Marseille sur lesquels est gravé l’article 13 de la déclaration des droits de l’homme. Le but est de rappeler la fragilité de nos droits. D’une manière judicieuse, l’’exposition nous met face à l’ensemble des enjeux du voyage.

Article 13 de la Déclaration universelle de droits de l’homme gravé dans des savons de Marseille ©TAYSIR BATNIJI

Le sociologue Rodolphe Christin, aborde sur un des écrans le voyage sous un angle positif : c’est la possibilité d’aller vers les autres. Il est sous-titré «  Le voyage est l’éthique d’une attention au monde». A partir de là, l’exposition semble être moins moralisatrice.Des solutions sont proposées comme le voyage immobile. Il est possible de voir le monde derrière notre ordinateur. C’est ce que nous montre le film Globodrome réalisé en 2012 par Gwenola Wagon. C’est une appropriation du livre de Jules Verne, Le tour du monde en 80 jours à travers le point de vue de Google Maps.

Beaucoup d’autres installations, photographies et vidéos sont à découvrir dans cette exposition gratuite. Une liste descriptive de toutes les installations n’aurait pas autant d’impact que de voir l’exposition, c’est pourquoi il est indispensable pour tout bon voyageur de s’y rendre pour amorcer une réflexion sur le sujet.

On repart de l’exposition avec une carte postale parisienne qui volontairement ne montre pas la Tour Eiffel mais la périphérie de la ville pour révéler le banal et l’ordinaire d’aujourd’hui qui fait écho au tourisme de proximité.

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