Fela Anikulapo Kuti : Rébellion Afrobeat

La Philharmonie de Paris met à l’honneur le parcours musical et politique du «Black President» à travers une nouvelle exposition qui se tiendra jusque juin.

Il a conquis le monde de la musique en Europe, pourtant, il était africain : Fela Kuti, le « Black President » est mis à l’honneur à la Philarmonie de Paris jusque juin 2023. Une bonne occasion pour découvrir le père Nigérian de l’afrobeat, mélange de culture yoruba, funk, jazz, mais aussi le portrait du militant panafricain.

Costumes du musicien Fela Kuti, pour la première fois hors du Nigéria pour l’exposition, aux côtés des affiches promouvant les évènements de son club le Shrine. ©Philharmonie de Paris

L’exposition ne s’étend pas sur une large surface, mais elle ne manque pas de matière pour autant. Chaque espace est sciemment recouvert d’éléments divers : photographies, projections vidéo, vitrines d’expositions d’archives, citations … Une organisation finement pensée et réalisée, qui offre une scénographie homogène et immersive. Sa superficie intimiste laisse le temps d’apprécier chaque œuvre ou de déambuler plusieurs fois.

Pour nous plonger dans le bain, la première partie contextualise les influences et les cultures dans lesquels il s’est développé. Clichés et vidéos d’archives du Nigeria des années 70 projetées sur le mur, magazines d’époque sur le jazz, instruments Yoruba… Les éléments sont rassemblés, et symbolisent justement la naissance du style musical Fela Kuti : l’Afrobeat. Ses rythmiques émancipatrices et engagées résonnent tout au long de l’exposition. Une musique qu’on apprécie aussi avec la projection de sa mythique performance au Berlin Jazz Festival sur grand écran, ou encore un tourne disque pour écouter une sélection de ses plus beaux vinyles.

Photo de Thierry Secretan lors de sa visite à la République de Kalakuta au Nigéria. ©Capucine Le Chat

Son parcours de vie est retracé tout au long de l’exposition à travers une belle collection d’archives que la Philharmonie a pu se procurer en travaillant en collaboration avec les proches du musicien. Son entourage qui est lui aussi mis à l’honneur avec le portait prédominant de la mère de Fela, Funmilayo Ransome-Kuti sur une partie de l’exposition. Grande militante dans les mouvements anti-coloniaux, elle fait partie de ceux qui ont forgé l’infatigable activisme de l’artiste. Les revues de presse d’époque comme Afro Magazine ou Actuel viennent aussi illustrer ses nombreuses arrestations ainsi que le mode de vie hérétique et controversé de Fela.

Sur presque toute la longueur de la salle, des clichés exclusifs de Bruno Barbey nous font entrer dans l’intimité de la République de Kalakuta, la communauté alternative et maison créée par Fela. On retrouve même exhibé ses fameux slips anticonformiste et costumes colorés, aux motifs yorubas. Tous ces éléments nous plongent dans l’univers visuel du musicien, donnant une esthétique colorée et un portrait complet et fidèle de Fela Kuti.

Même si le « Black President » meurt en 1997, les clichés exposés en fin de parcours montrent que son héritage et son influence, tant politique que musical, sont toujours omniprésent dans son pays. L’Afrobeat continue même encore aujourd’hui, son évolution et son ascension dans le monde.

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