Boundary Hunt : Des œuvres réalisées entre deux mondes.

La galerie Polka accueille l’exposition de Toshio Shibata qui sera présentée du 11 Novembre 2022 au 11 Janvier 2023.

Boundary Hunt du photographe japonais Toshio Shibata est une série d’œuvres réalisées entre 2000 et 2004 au Japon et aux États-Unis. Elle a été réalisée à une époque où l’artiste avait envie d’expérimenter de nouvelles techniques et réorienter sa pratique vers la photographie couleur après 20 ans en noir et blanc. Pour Boundary Hunt, Shibata a utilisé le polaroid Type 55, une pellicule en procédé positif noir et blanc avec un négatif récupérable qui peut être utilisé pour agrandir l’image. Il réalisa en tout 34 photographies qui composent cette exposition.

«Lorsque j’ai commencé, je ne cherchais pas à faire un commentaire sur les questions environnementales. » S’était confié le photographe. « J’étais en quête d’une sorte de beauté. J’essaie de respecter cet équilibre très subtil entre l’homme et la nature. Cette tension est nécessaire pour que mes photographies conservent leur force. ».

Toshio Shibata à l’exhibition de ses œuvres par Laurence Miller Gallery.
© Jeremy Brugo.

Le titre de cette série évoque à la fois l’intersection entre le monde naturel et le monde créé par l’homme dans lequel Shibata situe sa pratique. Les photographies représentent également la frontière inhabituelle créée par le polaroid Type 55 autour de l’image. Après quelques premières tentatives, Shibata a décidé d’intégrer ces bordures dans les œuvres. Elles semblaient entrer en dialogue avec ces paysages mêlant éléments naturels et béton. Une chasse qui se déroule à la frontière de ces deux mondes.

Depuis ses débuts en tant que photographe au début des années 1980, l’infrastructure a été le sujet central de Shibata. Elle est à la fois caractéristique du monde moderne et immuable sur de longues périodes dans le temps.

Comme Paul Cézanne, qui a peint la Provence et les natures mortes, Shibata choisit ses vues en fonction des possibilités de la peinture. Le peintre français a été une grande influence pour le japonais, qui d’ailleurs s’exprime sur le sujet : «Comme lui, je photographie des motifs sur lesquels on ne s’arrête pas. En prenant de la distance, le paysage vient ainsi ressembler à une nature morte.»

Photographie de l’exposition Boundary Hunt représentant la ville de Kanna située au Japon. © Toshio Shibata.

Avec Boundary Hunt, Shibata semble redécouvrir également la mise en scène de son travail. Il a toujours été habitué aux peintures de paysages contemplatifs composés de tirages grands format qui incitent à une lecture lente de ses images. Mais en travaillant sur cette série, il souhaitait mettre en relation ses photographies pour créer un dialogue visuel. Il juxtapose différents niveaux, différentes perspectives. Une composition joue sur le prolongement d’une courbe sur une série de trois plans différents, ou encore un motif géométrique aux multiples formes et à différentes échelles.

Pour finir l’exposition, un mur entier de planches contact donne à chacun la possibilité de faire ses propres associations et de plonger au cœur d’un paysage inquiétant pour les photographes qui préfèrent la douceur des lignes à la brutalité de la lutte contre l’environnement.

Rima Chérik

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