Écrans vert : les sursauts écologiques du 7ème art

La défense de l’environnement se joue aussi dans les salles de cinéma.  Zoom sur les explorations de l’écologie à l’écran ces dernières années.

Le thème n’a rien de nouveau. Que l’on pense à Soleil Vert (Fleischer, 1974) ou Le Jour d’Après (Emmerich,2004), le cinéma imagine depuis longtemps des dystopies, des « mondes d’après » la catastrophe écologique, inévitable.

Le compte instagram @ecransverts propose d’aborder la crise climatique en revenant à la fois sur ces super productions mais aussi sur des films plus confidentiels. L’analyse et la comparaison de ces oeuvres très différentes fait entre autres apparaître une évolution de ce thème à l’écran. Du film catastrophe au thriller en passant par le documentaire ou le drame social, les possibilités d’exploration de la question semblent infinies.

Le réalisateur voulait de parler de la façon dont se transmet l’engagement, de génération en génération »

GettyImages/Bouges rouges de Gardanne

Parmi les films mis en avant sur @ecransverts, Rouge s’inscrit dans une certaine tradition américaine du thriller écologique. On peut le situer à mi-chemin entre Erin Brockovich (Soderbergh, 2000) ou plus récemment Dark Waters (Haynes, 2019). Rouge saisit parfaitement les codes du drame social sur fond de scandale politique et écologique mais le film dresse un constat plus large sur la société française et ses évolutions. Point fort du film : Le réalisateur s’est inspiré du scandale sanitaire des rejets toxiques des ​boues rouges de Gardanne, près de Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Ces fictions aux allures documentaires sont assez populaires, à l’instar de Goliath (Tellier, 2022). Mais elles ne suffisent peut-être pas pour saisir l’ampleur de l’angoisse à laquelle toute une génération doit faire face.

Depuis quelques années, le cinéma de genre gagne du terrain sur les écrans français. Loin du sensationnalisme des dystopies hollywoodiennes, ces productions se gardent bien de tomber pourtant dans l’écueil inverse, qui consiste à peindre parfois le tableau complaisant et sans saveur d’une société en crise. L’heure de la sortie (Marnier, 2018) s’empare ainsi brillamment du sujet. Le réalisateur surfe la vague du cinéma d’horreur et multiplie les références au cinéma fantastique. Dans ce conte écologique anxiogène, ce sont les enfants, symboles de cette génération face au climat, qui tiennent le premier rôle. Terrifiés par la menace écologique, ils sont seuls à comprendre la gravité de la situation. Alors face aux « grands » – les adultes, parents, professeurs, mais aussi les grandes entreprises – ils font bloc. Fatalistes, convaincus que la fin du monde est proche, ils agissent dans une logique sectaire, presque mystique qui donne rapidement à « L’heure de la sortie » une teinte de film d’horreur. Si ce n’est pas un chef d’oeuvre, ce film pose un regard neuf sur les questions écologiques et saisit parfaitement l’agitation de l’époque.

L’heure de la sortie, Marnier, 2018

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