Bhutto, l’icône en constante quête de pouvoir

Issue d’une dynastie politique, Benazir Bhutto dévient en 1988 la première femme élue à la tête d’un pays musulman, le Pakistan. Le portrait radiophonique Toute une vie de France culture retrace toute la complexité de cette personnalité qui jusqu’à son assassinat en 2007, a été animée par la volonté de pouvoir.

Benazir Bhutto, née le 21 juin 1953, est la descendante de l’une des plus importantes lignées politique d’Asie du Sud. Son père, Zulfikar Ali Bhutto, était le premier Premier ministre démocratiquement élu du pays dont la rhétorique socialiste l’a rendu largement populaire parmi les classes défavorisées du pays.

Benazir a vécu une enfance et une éducation privilégiée. Tout comme son père, elle étudie aux États-Unis et à Oxford au Royaume-Uni. Il est dit qu’Ali Bhutto “a très vite compris, probablement que Benazir était la plus douée de la flatterie. Qu’elle serait son successeur”. Suivant les traces de son père, Benazir prend la tête du parti politique créé par celui-ci, le socialiste Parti du peuple pakistanais (PPP) après son exécution en 1979.

Le président pakistanais Zulfikar Alî Bhutto (au centre) serrant la main du Premier ministre indien Indira Gandhi à Shimla le 28 juin 1972, sous le regard de sa fille Benazir Bhutto (deuxième à partir de la droite) et du ministre indien des Affaires étrangères Swaran Singh (à droite). © Punjab Express / AFP

Son chemin vers la place de Premier ministre est semé d’épines. Entre arrestations, incarcération et exile, ce n’est qu’en 1988 que Benazir Bhutto devint la première femme au pouvoir du Pakistan. Pourtant, des allégations de corruption ont commencé à faire surface, ce qui compromet la crédibilité de Bhutto. Elle est destituée de son pouvoir en août 1990 par le président Khan qui affirme que cela était nécessaire en raison de la corruption de son gouvernement et de son incapacité à maintenir l’ordre public.
Malgré de multiples atteintes à sa vie et sa réputation entachée, elle est réélue en 1993 et reste au pouvoir jusqu’en 1996, également destitué de ses fonctions pour des accusations de corruption.

Benazir Bhutto et surtout son mari Asif Ali Zardari sont accusés d’avoir fait fortune pendant leurs années au pouvoir, grâce à des détournements de fonds publics. Ces accusations ternissent son image socialiste qu’elle a héritée de sa lignée familiale. Alors que son mari est interpellé essayant de fuir le procès, Benazir s’installe à Londres. Ne s’étant pas présentée au procès en appel en 2002, elle est condamnée à ne plus pouvoir pénétrer sur le territoire pakistanais.  
Pendant ce nouvel exil, elle se rapproche des Etats-Unis auxquels elle promet une alliance pour lutter contre Al Qaïda. Sous la pression des Américains, le président Pervez Musharraf accepte d’effacer les accusations de corruption qui pesaient sur elle, ouvrant la voie à son retour après huit ans d’exil à Londres et Dubaï. 

Le Premier ministre pakistanais, Benazir Bhutto, et son mari, Asif Ali Zardari, en compagnie du Président Bush et de son épouse. © UPI

Longue vie à Bhutto

Dernière phrase prononcé par Benazir Bhutto avant son assasinat, lors de son rally politique du 27 décembre 2007.

Voilà les derniers mots prononcés par Benazir Bhutto, juste avant qu’on lui tire dessus lors d’un de ses nombreux rassemblements politiques le 27 décembre 2007. Sa mort secoue le Pakistan et “son assassination lui redonne son aura d’icône”.

Elle laisse derrière elle une fortune d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars, trois enfants, et un mari affaibli après les huit années de prison, entre 1996 et 2004, pour corruption. Elle laisse surtout un pays au bord de l’implosion. 

Des partisans de Benazir Bhutto, leader de l’opposition pakistanaise assassinée, se rassemblent autour d’une ambulance transportant son corps lors de sa procession funéraire à Garhi Khuda Bukhsh le 28 décembre 2007. Des milliers de personnes en deuil pleurent et se frappent la tête et la poitrine alors que le corps de Bhutto quitte sa maison familiale au début de la procession funéraire. ©REUTERS/Zahid Hussein (PAKISTAN)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :