Gustave Eiffel : « Le magicien du fer »

Vous le connaissez peut-être uniquement pour avoir été l’architecte de la plus célèbre Tour mais il était bien plus que cela. Ambitieux et travailleur, il a également été un brillant homme d’affaires, chercheur et a mené des expériences d’aérodynamique jusqu’à 90 ans passés.

Né en 1832 à Dijon et mort en 1923 à Paris, Gustave Eiffel était un homme autoritaire, père de 5 enfants et jeune veuf jamais remarié. C’est dans le témoignage que donne son arrière arrière petite fille, Amélie Garoscio que l’on apprend un peu plus sur sa vie. En voulant suivre les pas de l’un de ses oncle, il choisira la chimie. 

Peu après cette mésaventure, sa mère lui conseille de s’orienter vers la construction métallique qui pour elle est en pleine croissance. À ses débuts l’architecture métallique est très développée. Eiffel va apporter dans le domaine de l’architecture une nouvelle méthode de travail à la résistance au vent.  

Et puis il y a eu une brouille familiale. Le père de Gustave, qui était bonapartiste, a surpris un baiser entre un collaborateur de ce monsieur et la sœur de Gustave. Ça s’est très mal passé et Gustave a abandonné la chimie. 

Amélie Garoscio

Son début à Bordeaux en tant que chef de chantier sur le pont que les bordelais appellent la passerelle qui traverse la Garonne, va lui permettre de se faire un nom et de s’installer à son compte dès 1866. A partir de ce moment, sa carrière est lancée. Il obtient le chantier de la gare de Budapest en Hongrie, mais aussi celui du pont sur le Douro au Portugal, il va construire le viaduc de Garabit, l’ossature de la statue de la liberté de New York et construire des ouvrages d’art partout dans le monde comme en Espagne, Roumanie, Russie, Chine, Philippines, Vietnam, Algérie, Chili et au Mexique.

D’après Camille Mathieu, conservateur en chef au Musée d’Orsay, il avait 2 points forts, la beauté de ses réalisations qui lui permettait de dominer son travail par sa maîtrise et le fait qu’il était le plus intéressant au niveau financier car il était le moins cher du marché.

Elle raconte que depuis les années 1830, la France rêve de construire une tour gigantesque. C’est 2 ingénieurs de la Maison Eiffel, Maurice Koechlin et Emile Nouguier qui réfléchissent à ce projet dans les années 1884 et ils pensent dans un premier temps à un gigantesque pylône métallique de 300 mètres. Ils proposent leurs dessins à Gustave Eiffel mais il n’est pas convaincu par la forme de la tour mais les autorisent à y réfléchir. Quand les 2 ingénieurs accompagnés d’un autre ingénieurs, Stephen Sauvestre présentent un plan beaucoup plus intéressant avec une tour sur laquelle on peut monter et qui a un aspect plus esthétique, il est tout de suite convaincu.

Pour elle, le mythe autour de cette Tour est dû au fait qu’au début de la construction, les parisiens ne sont pas tout à fait optimistes par ce projet. Il voit cette Tour se construire devant leurs yeux et n’y croit pas. Beaucoup d’articles anéantissent les travaux de Gustave en disant qu’elle va finir par tomber ou que la Tour commence déjà à pencher. C’est cet engouement concernant la réussite ou non de ce projet qui va la rendre si légendaire.

Photo de la contraction des piliers de la Tour Eiffel, 1887 ©Getty-images/Keystone-france

Alors même que la Tour est en pleine construction survient ce qui sera le plus gros scandale financier de sa carrière. Il sera impliqué dans l’affaire Panama pour corruption après avoir signé auprès de Ferdinand de Lesseps, promoteur du Canal de Suez. En raison d’un chantier difficile et donc plus coûteux que prévu, de Lesseps fait tout pour récolter de l’argent. Mais le 4 février 1889 la compagnie universelle du canal interocéanique de Panama est mise en liquidation. Une enquête prouvera que Gustave Eiffel n’avait pas participé aux malversations de de Lesseps et il sera réhabilité. Amélie explique que cette histoire était un épisode douloureux dans sa famille et que sa grand-mère ne pleurait rien que d’en parler. Sa légion d’honneur lui a été récupérée mais suite à sa réhabilitation il a tout fait pour la récupérer et il la reprendra.

Gustave Eiffel dans son laboratoire de recherche, au début du XXe siècle © AFP

Cette affaire mettra fin à sa carrière et il poursuivra des recherches scientifiques importantes dans l’aérodynamique mais aussi publier des atlas sur ses recherches sur le problème du vent jusqu’à la fin de sa vie et ce pendant plus de 20 ans. Sa soufflerie Eiffel est toujours fonctionnelle où il produit du vent pour faire des tests aérodynamiques. Il l’avait créé pour aider les gens de l’aviation. Cette soufflerie est maintenant principalement utilisée pour le monde de l’automobile ou du bâtiment. Ainsi, ce podcast nous montre que Gustave Eiffel est encore plus qu’un architecte emblématique et pour cause comme le dit si bien Amélie, la Tour Eiffel « c’est l’arbre qui cache un peu la forêt ». 

Lathangi Raveendran

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