Le cinéma au bout des doigts

La Cinémathèque s’est dotée d’une quatrième salle de cinéma. Cette dernière ne se trouve non pas dans le 12ème arrondissement mais bien en ligne, une manière de prouver qu’elle capable de s’adapter au temps qui passe et aux nouveaux codes du numérique.

Au printemps 2020 le chef de l’Etat, Emmanuel Macron annonce le confinement et la fermeture des tous les lieux culturels. En quelques semaines, la Cinémathèque Française prend la décision de créer une plateforme gratuite et ouverte à tous : Henri. Ce nom est un hommage à Henri Langlois, fondateur de cette institution. Pour Frédéric Bonnaud, c’est une manière de se rappeler que « si les grands films de l’histoire du cinéma peuvent se regarder aujourd’hui sur ordinateur et en VOD, c’est parce que Langlois et quelques autres ont commencé par les sauver de la décharge, avant de les programmer, inlassablement, sans se soucier des modes et du temps qui passe ». Quand il la crée en 1936, il s’entoure de Georges Franju, Jean Mitry et Paul-Auguste Harlé, l’objectif est de conserver les films, les restaurer, les montrer et d’apporter une culture cinématographique aux nouvelles générations. La plateforme Henri s’inscrit dans l’héritage de cette volonté de rendre le cinéma accessible. C’est ainsi que pendant 97 jours, la Cinémathèque Française a publié quotidiennement et gratuitement des films, restaurés en haute définition, issus de ses propres collections ou de celles de ses partenaires.

 « si les grands films de l’histoire du cinéma peuvent se regarder aujourd’hui sur ordinateur et en VOD, c’est parce que Langlois et quelques autres ont commencé par les sauver de la décharge » – Frédéric Bonnaud

Le premier film diffusé pendant le confinement a été La Chute de la maison Usher de Jean Epstein. Ce choix n’a pas été fait au hasard, c’est une manière de rappeler qu’Henri Langlois « a créé la Cinémathèque pour Jean Esptein, pour sauver et montrer ses films » révèle Frédéric Bonnaud le directeur général du lieu. Les films mis en ligne ne le sont pas de manière aléatoire, il s’inscrivent dans une vraie démarche d’éditorialisation. Les catégories permettent de replacer les films dans leur contexte respectif, une réelle immersion dans le 7ème art.

Archives de la Cinémathèque Française  ©MARC TULANE/GAMMA-RAPHO

Lorsque le confinement s’est achevé et qu’il était à nouveau possible de se rendre dans les salles obscures, la Cinémathèque a pris la décision de conserver ce rendez-vous hebdomadaire et continue de publier des films pour le plus grand plaisir des amoureux du cinéma.

Lisa Catalano

Photo mise en avant Jack Robinson/Condé Nast ©

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