Frédérick Wiseman nous offre 1 heure 20 de pure folie

En 1967, le réalisateur américain bouleverse l’Amérique avec Titicut Follies, un documentaire qui met au grand jour le quotidien des résidents de l’hopital-prison de Bridgewater dans le Massachussets. Pendant un mois, lui et son équipe auront accès à cet établissement qui se veut à la fois centre de soin psychiatrique et penintentier. Les patients, le personnel, les locaux rien ne leur échappe, une expérience inoubliable pour le public.

L’Amérique des années soixante est en plein bouleversement social : les noirs continuent de revendiquer leurs droits dans les états où la ségrégation sévit encore et les émeutes raciales se multiplient. En parellèle, les jeunes recherchent l’euphorie et la liberté, il veulent révolutionner les mœurs du moment. Pour couronner le tout, le pays est en guerre froide avec l’URSS.

C’est dans ce contexte de tension que Frederick Wiseman va se concentrer sur un enjeux que peu de personne semblent pointer du doigt : le traitement des personnes atteintes de maladie psychiatriques. Lui et son équipe vont filmer durant un mois le quotidien des résidents de l’hôpital de Bridgewater. Il s’avère que les « fous » eux aussi, ont droit à un traitement digne. Et, grâce à ce documentaire, on comprends que cet endroit ne leur offre aucune décence. L’édifice est insalubre et les « soins » prodigués sont parfois inappropriés et violents, ce qui rend de nombreuses scènes insoutenables et choquantes. En fait, toutes ces conditions empirent la situation des patients. Pour couronner le tout, certains membres du personnel s’amusent en se moquant de résidents et en les humiliant.

©Frederick Wiseman Titicut Follies

Ce film a d’ailleurs été interdit au grand public pendant 20 ans, comme si le traitement infligé aux « fous » est trop choquant pour le spectateur, mais acceptable tant que tout se passe dans l’ombre et que l’honneur du pays n’est pas sali.

Avec son tout premier documentaire, le réalisateur a non seulement chambouler les codes de la « bienséance », mais il a aussi imposer son style artistique toujours aussi palpitant plus de 50 ans plus tard.

Ce film reste dans l’ère du temps car malgré les énormes avancés dans le traitement et les conditions de vie des malades, la santé mentale reste un sujet tabou, dégradant et confus.

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