Une diva sans artifices

Lady Gaga, Beyoncé, Taylor Swift: beaucoup de popstars ont déjà eu le droit à leur propre documentaire, tous acclamés par la critique. Netflix a donc voulu pérenniser cette tendance en dévoilant le 14 juin Halftime, un documentaire énergique, millimétré et politique consacré à la vie et à la carrière de Jennifer Lopez, chanteuse aux 80 millions de disques vendus.

Jennifer Lopez n’a pas fini de nous surprendre ! Dans Halftime, le documentaire qui lui est consacré, l’icône internationale se met totalement à nu et n’hésite pas à montrer son ascension fulgurante en tant que femme, latina, mère et artiste avec la préparation de sa performance au Superbowl comme point d’ancrage. Un film féministe encourageant les femmes à s’assumer pleinement et réalisé par Amanda Micheli, qui a déjà été nommé aux Oscars et aux Emmy Awards. Elle se consacre à la narration d’histoires authentiques, axées sur les personnages, souvent sur des femmes qui réussissent à s’imposer dans un monde dominé par les hommes. En effet, dès 1995 avec « Just for the ride », elle n’hésite pas à faire la part belle aux légendaires cowgirls, explorer les difficultés des cascadeuses à Hollywood dans « Double dare » en 2005 avant de suivre un concours de beauté improbable dans une prison pour femmes en Colombie en 2008 dans « La corona » (film qui lui a valu une nomination aux Oscars). 

Un cadre de vie défavorable

Chanteuse, performeuse, danseuse, actrice, femme d’affaires : Jennifer Lopez n’a plus rien à prouver à l’heure actuelle. Aujourd’hui âgée de 53 ans, l’artiste latine revient pourtant de loin et n’a pas eu une enfance des plus faciles. Née dans le Bronx, soit dans l’un des cinq arrondissements de New York connu d’ailleurs pour être le berceau de la culture hip-hop, elle a dû subir pendant de nombreuses années les coups à répétition de sa mère. Sujet sensible mais mis en image de manière très sobre et émouvante avec des souvenirs d’enfance et des images d’archives.

Un épisode qui a marqué sa vie puisqu’on apprend qu’elle a dû fuguer pour pouvoir lui échapper et qui a surtout conditionné sa vie de famille, elle qui ne voulait absolument pas reproduire ce qu’elle avait pu vivre dans le passé. C’est pourquoi nous la voyons juste après en pyjama dans sa grande cuisine en train de préparer le repas de Thanksgiving qui s’annonce apparemment animé. Une scène simple et intimiste qui nous montre l’interprète de « Get right » sous un nouveau jour, sans fard et bien loin des projecteurs. 

Une machine de guerre

Halftime nous montre aussi et surtout des images spectaculaires où l’on peut voir l’actrice de Marry me danser et répéter ses chorégraphies millimétrées accompagnée d’une troupe de danseurs. Tantôt sur une scène, tantôt sur une barre de pole dance, elle ne cesse de nous prouver toute l’étendue de ses capacités physiques et artistiques. Créative et pointilleuse, elle a à cœur d’assurer sa partie du show de la mi-temps du Superbowl de 2020 partagée avec Shakira. La chanteuse colombienne n’apparaît d’ailleurs pratiquement pas du tout à l’écran et c’est bien dommage. Une certaine tension se dégage d’ailleurs entre les deux artistes. Le documentaire montre même JLO au téléphone dans son lit qui affirme que partager la scène avec une autre artiste est « la pire idée du monde », des propos durs qui ont secoué la toile.

Jennifer Lopez, une femme engagée ©Netflix

Souvent jugée et pointée du doigt, elle a dû subir et affronter de nombreuses critiques tout au long de sa carrière. Dans les années 2000, ses performances vocales et ses aptitudes d’actrice ont beaucoup été remises en cause. La télévision et la presse s’en sont également données à cœur joie en évoquant souvent ses fesses, connues pour être proéminentes. Des discours dégradants et anti-féministes qui ont touché et impacté la fervente défense des droits des latinos. 

« Je croyais ce qu’ils disaient, à savoir que je n’avais pas de talent. Ni bonne chanteuse, ni bonne actrice, ni bonne danseuse. Aucun talent. Je n’avais pas ma place. Pourquoi ne pas arrêter. Plusieurs fois, j’ai pensé… Je crois que je vais laisser tomber. J’ai dû me recentrer sur qui j’étais et ne croire en rien d’autre. » — Jennifer Lopez

La superstar n’hésite pas à se montrer sensible sous l’oeil des caméras ©Netflix

Ayant une soif de réussite, Jennifer Lopez ne s’est jamais laissée abattre et a mis les bouchées doubles pour prouver qu’elle était légitime. Le documentaire revient d’ailleurs sur le succès du film Queens, produit et incarné par la chanteuse. Une réussite critique et commerciale ! Rayonnante et visage épanoui, l’artiste finit néanmoins déçue lorsqu’elle s’incline aux Golden Globes face à Laura Dern ou lorsqu’elle se rend compte qu’elle n’est pas nommée aux Oscars, alors qu’elle apparaissait pourtant comme l’une des favorites. Et c’est cet aspect que l’on a particulièrement apprécié : voir la femme derrière l’artiste. Une femme naturelle, travailleuse et surtout humaine avec ses moments de doute et de désillusion, elle qui dégage pourtant une assurance extrême. 

Maxime OUNADJELA

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :