L’eau pour rappel

Réalisé en 2015 par le très grand Patricio Guzman, ce dernier revient sur l’Histoire de son pays avec le documentaire Le bouton de Nacre. A travers deux boutons retrouvés dans le fond du Pacifique, près des côtes chiliennes, nous entendons la parole de personnes autochtones de Pentagonie, celle de navigateurs anglais et de prisonniers politiques.

© Allociné

Deux objets aussi insignifiants et minuscules qui sont deux boutons de nacre font renaître en Patricio Guzman l’envie de retracer l’histoire de son peuple. Très attaché à ses racines, le cinéaste revient sur les moment marquants son pays qui le changera à tout jamais. Après une carrière à documenter sans relâche l’histoire chilienne, il réalise en 2015 un nouveau film. La force de Patricio Guzman est de mélanger un ensemble d’idées dans un seul et même thème. Il faut se souvenir pour ne pas oublier. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu un prix au Festival de Cannes en 2019.

Les dirigeants du pays ont essayés de cacher une certaine partie de l’Histoire, occulter pour oublier. C’était sans compter sur le long travail de mémoire du cinéaste pour faire entendre l’injustice passée qui a par ailleurs une répercussion sur le Chili actuel. Les faits sont là, rien ne pourra effacer ce que les peuples autochtones ou les prisonniers politiques ont vécus. Justice n’a jamais été rendue. Avec Le bouton de Nacre, le documentariste tente de rétablir la véritable identité de son peuple. De manière décousue avec un scénario non conventionnel et aux conventions narratives standards, Patricio Guzman livre une réalité méconnue pour les chiliens mais aussi pour les non chiliens. Le bouton de nacre a reçu le prix du scénario de Berlin. Pour écrire le scénario, il s’est inspiré d’un de ses succès, Nostalgie sur la lumière: il écrit un petit texte en lien avec des images puis se concentre sur une zone géographique avant de l’explorer avec son équipe. C’est une relation avec le passé, le présent et le futur.

J’ai eu envie de raconter une histoire méconnue du Chili, presque effacée.

Le film porte sur le rapport qu’entretient le Chili avec l’eau. Le synopsis raconte la tragédie des Amérindiens de son pays qui ont été déportés, maltraités en raison de leur appartenance et leur croyance. L’eau est considéré dans l’oeuvre de Patricio Guzman comme la naissance même de la vie. C’est donc tout bonnement qu’à travers cette ressource que la chronologie du pays est retracée: colonisation, torture, dictature. D’un aspect très détendue avec le bruit de l’eau tout au long de la production, le spectateur ne s’attend pas au sujet de cette dernière. Si l’on ne connaît ni le synopsis ni l’engagement de Patricio Guzman difficile de saisir le thème evoqué. C’est grâce aux témoignages, que l’on comprend de quoi traite le documentaire. Les témoins sont tous différents, ils racontent leur propre vision et leur propre vécu mais ils ont un point commun: le Chili.

Nora ESSALHI

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