Immersion au cœur des tensions sociales américaines des années 1960

Crisis: Behind a Presidential Commitment de Robert Drew est une œuvre journalistique pionnière et majeure. Elle a cassé les codes des documentaires en montrant les politiques américains au plus proche du réel grâce à de nouvelles techniques de réalisation.

John et Robert Kennedy dans le Bureau Ovale tentant de résoudre la crise et permettre aux deux étudiants de rentrer dans l’Université. ©The Criterion Collection

En juin 1963, alors que l’Administration Kennedy a fait passé une décision fédérale autorisant deux étudiants Afro-Américains à entrer à l’Université d’Alabama réservée aux blancs, le gouverneur George Wallace les empêche personnellement d’y entrer. Crisis: Behind a Presidential Commitment retrace les tensions des années 1960 liées à la ségrégation et au racisme.

Au début des années 1960, l’Alabama est un lieu de fortes tensions raciales. Dès son entrée à la Maison Blanche, le Président Kennedy doit faire face à de fortes tensions dans le Sud, en particulier à Birmingham où les Afro-Américains luttent pour leurs droits. Leurs revendications sont rejetées par le gouverneur ségrégationniste George Wallace. Wallace tente d’empêcher deux jeunes étudiants Noirs d’entrer à l’Université d’Alabama malgré l’arrêt Brown v Board of Education de 1955 rendant inconstitutionnelle la ségrégation dans les écoles publiques.  

Un documentaire jamais vu avant qui est une étape importante dans le film journalistique.

John Horn du New York Herald

A la fin des années 1950, Robert Drew – considéré comme le père du cinéma direct – réalise Primary, retraçant la campagne présidentielle du Sénateur Kennedy. Cette œuvre est considérée comme le premier film dans lequel la caméra se synchronise pour se déplacer librement. Crisis fait suite à ce premier documentaire, trois ans plus tard. Ce sont deux œuvres pionnières du cinéma direct. La technique de réalisation permet de faire oublier la caméra pour que l’œuvre se rapproche le plus possible de la réalité brute. C’est une nouvelle approche du documentaire journalistique jamais vue auparavant. L’œuvre est filmé avec des caméras portables aux sons synchronisés. Le réalisateur n’intervient jamais ce qui pousse les protagonistes à oublier la caméra. les spectateurs ont l’impression d’être en immersion. L’équipe de tournage s’est divisé en cinq pour filmer les Kennedy, le gouverneur Wallace et les étudiants Afro-Américains. Les personnages sont filmés dans leur intimité. Par exemple, nous pouvons voir le gouverneur Wallace chez lui ou encore les Kennedy entourés de conseillers pour tenter de trouver une solution.

Extrait de Crisis de Robert Drew (1963)

La réalité est brute, la caméra prend tout en compte. Cela donne l’impression d’avoir un accès direct aux protagonistes. Cette manière de filmer marque un tournant dans le documentaire journalistique et déverrouille la communication politique des années 1960.

Laura Marty

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :