Le sport à travers l’œil d’ Eamonn McCabe

Le recent décès du photographe Eamonn McCabe fait ressurgir trois de ses plus cèlèbre photos. Réputé pour avoir sa propre vision du monde, le rédacteur du Guardian a marqué l’histoire comme le photographe sportif par excellence. Sa représentation du monde du sport diffère de l’œil de tout appareil photo où la forme et la structure de la prise de vue sont souvent plus importantes que son contenu. Son style se constitue par un angle différent, peut-être éloigné du point culminant de l’action, un détail, quelque chose de graphique, une forte utilisation du noir et blanc, une touche d’humour. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui « une photo d’Eamonn McCabe ».

Deux mains au centre de la scène, un torse musclé à l’arrière-plan. Ce qui apparaîtrait aujourd’hui comme une scène du film Rocky de Sylvester Stallone représente les mains du boxeur Sylvester Mittee au moment typique de la préparation d’un combat. Ce close up, considéré comme avant-gardiste à l’époque, met en évidence un détail qui représente la force et l’outil principal de la boxe, à savoir les mains. Le geste de recouvrir ses mains de bandages est un rituel quotidien, une action fonctionnelle à l’apogée de l’entraînement. L’attention est dirigée vers la texture des doigts, l’arrière-plan est flou, comme si rien n’existait, sauf les doigts du boxeur qui sont l’âme vibrante du plan.
Photograph: Eamonn McCabe/The Guardian1984
L’évolution du photographe sportif au photographe de portrait est visible sur cette photo. L’ancien rédacteur en chef du Guardian, Alan Rusbridger, a déclaré que McCabe était inhabituel dans la mesure où il avait essentiellement trois carrières: photographe de sport, rédacteur en chef d’images et ensuite photographe de portrait. « Il est très rare que quelqu’un qui fait du sport d’action maîtrise l’art de la photographie de portrait. Je pense qu’il est unique à cet égard. Il a touché à trois domaines et a excellé dans chacun d’eux. » La lumière venant de la droite crée un effet d’ombre et de lumière sur le visage de Frank Bruno. Un œil qui se distingue et transmet une expression innocente, presque enfantine, crée un portrait candide du boxeur. Ses mains sont jointes en signe de paix et de sérénité. McCabe semble vouloir donner vie à une version inédite du sujet qui, après tout, n’est pas seulement un boxeur, mais une personne d’apparence pacifique et posée.
2Photograph: Eamonn McCabe/The Guardian

Greta Guerini

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :