L’artiste du chaos monte au paradis

William Klein (1926-2022) est mort ce samedi 10 septembre à l’âge de 96 ans. 

William Klein, photographe américain, à son domicile parisien, en 2011. © Jane Evelyn Atwood.

Au premier regard, cette photo est simple, sans complexité. Il s’agit d’une photo en noir et blanc d’un homme âgé, un homme nommé William Klein. En y regardant de plus près, la photo prend une tournure intéressante.  La première chose qui nous interpelle est cette main floue de premier plan dirigée vers la caméra. Celle-ci donne l’impression que le célèbre photographe ne souhaite pas qu’on le prenne en photo. Son sourire innocent vient confirmer cette théorie, comme s’il était amusé par la chose, ou peut-être gêné. Il n’a pas l’habitude qu’on capture sa beauté tant il est habitué à capturer celle des autres. Ses rides nous amènent à voyager le long de son visage, à regarder ses tâches de vieillesse, à analyser ses cheveux non coiffés ravagés par le sortilège du temps. C’est à ce moment-là que l’on remarque que l’arrière-plan est flou, le monde semble disparaître. Il n’y a plus personne à part lui : William Klein et la profondeur de son regard, la fin de notre voyage.  Le photographe ne regarde pas l’objectif de la caméra, il est possible qu’il regarde la personne qui le prend en photo pour demander de ne pas prendre la photo. 

Son regard profond, assombri par l’effet noir et blanc,  illumine la joie de vivre que possède cet artiste de talent. Cette photo est réellement simple, il s’agit d’une image en noire et blanc de William Klein, habillé d’un sweat à capuche noir, prise en 2011 par Jane Evelyn Atwood. Une image qui résume cet homme qui a marqué le monde de la photo. William Klein était simple, joyeux, sympathique, sûrement blagueur à l’esprit rebelle. Cette photo résume tout ce qui faisait de lui un photographe d’ambition et révolutionnaire que le monde connaissait si bien. 

Malheureusement, depuis quelques années William avait des problèmes de santé liés à son grand âge. Il était fatigué, perclus de douleurs et coincé dans un fauteuil. Dame nature a fait son travail et a amené l’artiste du chaos dans les cieux ce samedi 10 septembre. On se souvient encore de ses mots présent dans la cinquième édition du magazine Polka en juin 2009 :

La photo, pour moi, est un moyen de dire ce que je pense de la vie.

William Klein

Precillia NGOUMELA DJENABOU

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