Crise économique : des actes désespérés 

Les braquages de banque par des client souhaitant récupérer leurs économies sont monnaie courante au Liban.

Des libanais souhaitant rentrer dans un établissement bancaire ©IBRAHIM AMRO / AFP / Franceinfo

Cette photo parle d’elle-même, des personnes voulant rentrer de force dans un établissement pour réclamer ce qui leur appartient. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’image est une représentation d’une véritable crise économique qui touche le Liban depuis 2019. Le vendredi 16 septembre dans le quartier de Tarik jdidé, des personnes se sont rassemblées devant un établissement bancaire où un homme armé a fait irruption réclamant de vouloir retirer ses économies bloquées par la banque. L’émotion est là, un peuple Libanais à bout de souffle et décidant de se faire justice eux même.

Des Braquages sans fin

Sept banques braquées en moins de 48 heures, dont cinq la journée du vendredi 16 septembre. Au Liban, ces braquages de ne sont pas l’œuvre de bandits ou des criminels, mais sont perpétués par des hommes et des femmes ordinaires qui ne souhaitent qu’une seule chose: retirer leurs propres économies.

Depuis début de la crise économique historique qui paralyse le pays, les banques limitent les retraits de leurs clients affamés de récupérer leur épargne en dollars. Non seulement l’accès à cet argent est limité, faute de liquidités, mais ces retraits ne peuvent s’effectuer uniquement qu’en livres libanaises, la monnaie nationale qui a perdu 90%  de sa valeur sur le marché en trois ans. Une monnaie désormais qualifiée de « lollars » par les libanais, une contraction de « lol » et de « dollars », qui exprime le mécontentement d’une population dont 80% vit sous le seuil de pauvreté. 

« Allez chercher votre argent » 

Cette exaspération du peuple libanais a été mis en avant dans les journaux occidentaux grâce à Sali Hafez, une architecte d’intérieur de 28 ans, prête à tout pour accéder à ses fonds. Cette dernière a braqué une banque, avec une arme factice, dans le seul but de récupérer assez d’argent afin de payer les traitements médicaux de sa soeur, Nancy, atteinte d’un cancer. 

« Les gens se suicident. Je leur dis : ne retournez pas votre arme contre vous. Allez chercher votre argent, même si vous devez y laisser votre vie » a-t-elle déclaré à la télévision libanaise. Avec cet acte désespéré, Sali Hafez est repartie avec 13 000 dollars, une partie infime du coût du traitement dont sa sœur a besoin qui est l’équivalent de 50.000 dollars toutes les deux semaines. 

Precillia Ngoumela Djenabou

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