Carton rouge pour la FIFA

Le 20 novembre 2022, le Qatar organisera la 22ème édition de la Coupe du monde de football.

Des ouvriers travaillant pour la construction des stades de football au Qatar, à bout de force. ©Barlamane.com

Ce sont des hommes exploités et surtout épuisés par la chaleur étouffante de Doha. L’ouvrier situé à droite de la photo s’est même assoupi devant les journalistes. Un contraste se forme entre ces ouvriers, impuissants face à leur condition et les grands buildings qataris en arrière-plan, où travaille les plus grands milliardaires du pays. Deux tiers de la photo sont occupés par les immeubles. Les ouvriers sont comme « écrasés » par cette société de consommation. Leur bleu de travail les enferment davantage dans une condition misérable. Travailler dans les chantiers au Moyen-Orient est loin de l’eldorado promi à ces hommes. 

Depuis plus de dix ans, des centaines de milliers de travailleurs, provenant des pays d’Asie du Sud, sont venues au Qatar pour participer à la construction des stades, où se dérouleront les rencontres pendant le tournoi mondial de football, du 20 novembre au 18 décembre prochain. Mais derrière la construction des sept arènes climatisées à la pointe de la technologie, se cachent des hommes, dont les conditions de travail sont désastreuses. Ils peuvent travailler jusqu’à douze heures par jour, sept jours sur sept, parfois même sous une chaleur écrasante et sans eau potable. 

Tous les travailleurs interrogés par The Guardian en juillet dernier, originaires du Bangladesh, du Népal et de l’Inde, disent avoir été contraints de payer des frais illégaux à des agents dans leur propre pays pour obtenir leur emploi: “J’ai payé 300 000 [taka bangladais]”, dit un travailleur, l’équivalent de près de 2 900$, une somme énorme au Bangladesh. Payer pour obtenir un travail qui ne paie que 1,20$ de l’heure. Les ouvriers du Moyen-Orient sont victimes de promesses de salaire non tenues. L’un d’entre eux déclare: « Le Qatar est un pays riche, mais il paie si peu pour le travail que nous faisons. Vous pouvez oublier les bons salaires ici. »                                           

À ce propos, The Guardian a décompté le décès de 6 500 travailleurs migrants dans les chantiers de construction des stades au Qatar depuis 2010.

C’est une triste réalité qui remet en cause la légitimité d’un tel chantier pour une compétition, qui aurait très bien pu s’organiser ailleurs.

Anaïs Oumraou

 

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