COP26, maintien d’une tradition ou réelle volonté d’action ?

Du 31 octobre au 12 novembre, les dirigeant.e.s de près de 200 pays se réunissent à Glasgow (Royaume-Uni) à l’occasion du sommet sur le changement climatique. L’occasion de constater pour la 26ème année consécutive les sévices causés à la planète sous le joug de notre inaction.

Six ans après la COP21 et l’accord de Paris, la communauté internationale s’est retrouvée pour « accélérer la lutte contre le réchauffement climatique ». Cette réunion se déroule dans le sillage du dernier rapport de la GIEC, alarmiste à propos de l’engagement des états de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Fort.e.s de la lecture de ce rapport, plusieurs participant.e.s à la COP26 ont rejoint Glasgow au moyen de 400 jets privés provoquant le rejet de 13.000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. D’aucuns y voient une allégorie de l’action des COP face à la catastrophe environnementale que nous nourrissons.

Dans un article publié à l’occasion de la COP26, le site du Conseil Européen et du Conseil de l’Union Européenne pose cette question : « Mais que représente la COP26 et pourquoi les dirigeants se réunissent-ils ? ». La réponse, couplée des dernières constatations d’expert.e.s permet de mettre en exergue les failles de cette assemblée. La COP26, 26èmeConférence des Nations Unies sur les changements climatiques, est un événement international réunissant de nombreux dirigeants afin « de convenir de la manière d’intensifier l’action au niveau mondial pour résoudre la crise climatique », explique le site du Conseil Européen et du Conseil de l’Union Européenne. 

Cet événement a pour objectif d’affirmer et de respecter les engagements édifiés lors de l’accord Paris. Le premier engagement pris il y a 6 ans est celui de la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 pour limiter l’augmentation de la température moyenne entre 1,5°C et 2°C d’ici 2100. Le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) démontre que cela s’avère jusqu’alors contre-productif : « Les engagements pris à ce jour par les États entraîneront une augmentation de 16% des émissions d’ici 2030 et un réchauffement de 2,7°C en 2100. (…) Les engagements climatiques renouvelés par la quasi-totalité des États avant l’ouverture de la COP26 entraîneront une augmentation des émissions de 16% d’ici 2030 ».

La seconde décision soulignée par le Conseil Européen et le Conseil de l’Union Européenne est la mise en place de « mesures d’adaptation aux conséquences inévitables du changement climatique ». Il s’agit favoriser les énergies renouvelables et désinciter l’usage des énergies fossiles. WWF rappelle à l’ordre les gouvernements puisque depuis la signature de l’accord de Paris sur le climat, les chef.fe.s d’États du G20 ont largement favorisé les énergies fossiles aux énergies renouvelables, leur consacrant trois fois plus d’argent public. « De même, un investissement conséquent dans les énergies renouvelables pourrait générer d’ici 2050 42 millions d’emplois dans le monde » affirme l’organisation WWF, soulignant un peu plus le manque de cohérence gouvernementale. 

Le troisième vœu concerne l’aide financière apportée par l’Union Européenne aux pays en développement pour les aider à faire face aux changements climatiques. La contribution promise s’élève à 100 milliards de dollars jusqu’en 2025. D’après un communiqué de presse publié par la WWF, cet engagement n’est pas respecté depuis dix ans, il manque encore 20 milliards de dollars. On peut également s’interroger sur la légitimité des états développés à s’ingérer et exiger un dû des pays en développement pour compenser les mauvaises actions commises par ces premiers. Ce dû étant le renoncement à un développement identique, et donc aussi prolifique, à celui des pays développés.

Le dernier engagement de l’Union Européenne est la réduction de ses émissions d’au moins 55 % d’ici 2030. Greenpeace, au regard des dernières données scientifique, affirme « qu’une baisse d’au moins 65% serait pourtant nécessaire pour respecter l’accord de Paris ».

L’inauguration de la COP26 est donc amère. Au-delà d’importantes décisions qu’elle exige, ce sont de véritables actions qui sont attendues. Si les États participants ne peuvent plus nier leur implication dans la destruction environnementale, il est temps d’assumer ce rôle en mettant en place un plan d’action efficace et surtout, en s’y tenant quitte à renoncer à leur confort. Einstein disait « On ne résoudra pas les problèmes avec les mêmes pensées qui ont contribué à les créer », Clément Sénéchal, chargé de campagne climat à Greenpeace France s’accorde sur ce point en affirmant « Les chefs d’États de l’Union Européenne restent fossilisés dans un ordre économique responsable de la crise climatique (…). Ils préfèrent s’accorder sur des objectifs en trompe-l’œil. ».

Charlotte Vrignaud

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