Les travailleuses au combat : les victimes d’une société sexiste

La pandémie a eu un impact fondamental sur l’égalité hommes-femmes, tant sur le lieu de travail qu’à la maison, faisant reculer des années de progrès.

 “Les hommes pensent que s’occuper des enfants c’est la femme, faire le ménage c’est la femme.” Ce sont les mots de Marie-Basile Mbarga, auxiliaire de vie chez Logivitae. Cette phrase en dit long sur les conditions de travail des femmes aujourd’hui. Depuis le début de la crise du Covid 19, les femmes du monde entier ont vu leurs revenus baisser d’au moins 800 milliards de dollars en 2020. La cause principale de ce déclin : des inégalités dans les postes occupés et la rémunération. Le secteur de soin, qui regroupe les métiers de la santé, de l’éducation, de l’aide à la personne, du travail social ou encore de la propreté, a été l’un des secteurs présents en première ligne de la crise sanitaire. Ces métiers sont souvent mal payés et éprouvants, en raison d’un rythme de travail effréné et du travail de nuit.

Marie-Basile Mbarga, auxiliaire de vie chez Logivitae, témoigne de ses conditions de travail. ©Oxfam France

“Durant la période du Covid, la majorité des personnes que je voyais aller au travail étaient des femmes.”

Marie-Basile Mbarga, dans une interview d’Oxfam France

Un point commun parmi eux : “Durant la période du Covid, la majorité des personnes que je voyais aller au travail étaient des femmes.” Marie-Basile Mbarga montre que les femmes sont largement majoritaires dans ce corps de métier et sont donc les premières touchées par les impacts économiques de la crise. Selon l’OCDE (Organisation de coopération et de développement), en France, le salaire moyen d’une aide-soignante est parmi les plus bas d’Europe, soit près de 5% du salaire moyen français, contre 30% supérieur en Espagne. Il est donc difficile de comprendre comment des métiers aussi essentiels peuvent être autant dévalorisés. 

La question de l’inégalité salariale se pose. Encore aujourd’hui, les hommes restent rémunérés en moyenne 28,5% de plus que les femmes. À poste et compétences égales, l’écart salarial est de 9%. 

“Tous les métiers du soin, infirmières, aide-soignante, auxiliaire de vie… leurs conditions de travail et de rémunération sont complètement liées aux politiques publiques de financement”, déclare Dafna Mouchenik, directrice de Logivitae. Les femmes seraient donc moins payées que les hommes, car “la plupart des financements publics ne peuvent pas aller au-delà de l’aide qui leur a été octroyée”. Les travailleuses du secteur du soin sont clairement dévalorisées. Elles ont les contrats les plus précaires. Parmi les cinq millions d’emplois à temps partiel, 76% sont occupés par des femmes contre 8,4% des hommes. 

Si les femmes sont omniprésentes dans les métiers les plus précaires et dévalorisés, ce sont aussi les grandes absentes des postes à responsabilités. Le phénomène “plafond de verre” montre que beaucoup d’emplois sont encore fermés aux femmes. La cause principale de ces inégalités sont les stéréotypes sexistes qui dominent le monde du travail aujourd’hui. Ces préjugés entretiennent l’idée selon laquelle les femmes seraient moins aptes à diriger, mais plus habiles que les hommes pour les tâches de soin : un cliché que cette société patriarcale doit à tout prix abolir. 

Anaïs Oumraou

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