Un.e Air.e de famille : un regard surréaliste sur la question anticoloniale

Art africain, littérature, l’histoire post-coloniale, l’émancipation des femmes. Ce sont les thèmes évoqués lors de la visite au musée dédié à Éluard.

Un.e Air.e de famille, une exposition fascinant déroulée au Musée d’art et d’histoire Paul Éluard à Saint-Denis, du 25 juin au 8 novembre 2021. Elle propose une réflexion sur le dialogue entre le surréalisme et l’époque postcoloniale. Plus précisément, l’exhibition montre l’engagement anticolonial des surréalistes, en présentant les œuvres de treize artistes femmes d’Afrique. Elle fait partie d’un projet plus grand : La saison Africa 2020

Une photo de Paul Éluard et Picasso

Il existe un fort lien entre ce projet et le musée qui l’accueille. Effectivement, Paul Éluard est connu pour être l’un des fondateurs du surréalisme et promoteur de l’anticolonialisme. La visite a commencé par une présentation très détaillé de sa vie. En effet, en plus de porter son nom, le musée possède une vaste collection de ses œuvres et pas seulement. On peut y trouver des lettres intimes, des photographies de son enfance, des documents, son bureau et son fauteuil. D’autres artistes comme Breton, Sartre, et notamment son ami Picasso ont été cité pendant la visite guidée pour avoir pris position contre le colonialisme en France à travers leurs œuvres d’art.

Faces de Nadia Kaabi-Linke

Dans un deuxième temps, nous avons parcouru les œuvres d’art présentées par Un.e Air.e de famille, dont certains vraiment frappants. Un exemple est Faces de la photographe Nadia Kaabi-Linke. Il s’agit de 32 visages issus de photographies de groupes diffusées lors de l’Exposition Internationale de Londres en 1851. « Ces deux photographies de groupe effacent l’individualité de chacun des personnages, réduisant leur identité à une ethnicité « Zulu » à une mise en scène. Nous avons examiné les listes de passagers et constaté que le groupe prétendument originaire d’Afrique du Sud n’était même pas mentionné », affirme la photographe. Avec ce projet elle veut individualiser et redonner une identité à chaque personne.

Owanto, Lady bird

L’exposition s’est terminée avec la Flowers series de Owanto, un artiste gabonais. L’un de ses photographie, Lady bird, a été choisi par la militante féministe Françoise Vergès comme couverture de l’affiche Un.e Air.e de famille. Le photographe illustre un autre thème très dur et discuté : la mutilation génitale féminine. Lorsque Vergès a contacté les personnes qui pratiquent ce rituel, elle a été surprise puisqu’elles ont affirmé que cette opération représente un honneur pour elles. Les femmes ne ressentent jamais de ressentiment à l’égard de la personne qui les mutile, bien qu’elles souffrent énormément. D’ailleurs, elles refusent d’utiliser le terme « mutilation » malgré il s’agit bien de cela. C’est un sujet qui fait beaucoup réfléchir, ainsi que les autres questions culturelles et historiques soulevées au cours de l’exhibition.

Patricia Boateng

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