La capsule cyclope : voyage au centre du côlon

Des chercheurs mettent en place un processus de dépistage intelligent du cancer colorectal. Eclairage sur les coulisses de la médecine de demain.

Cancer colorectal : la survie dépendrait de la localisation de la tumeur
Cartographie du corps humain.

On n’arrête plus le progrès ! Grâce à l’émergence des nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle, les patients pourront bientôt s’épargner la douloureuse épreuve de la coloscopie. Une équipe de chercheurs du Laboratoire d’informatique de Paris 6 vient de s’allier au programme de CNRS Innovation dans le but de concevoir des outils de dépistages intelligents contre le cancer colorectal. En France, on en recense chaque année plus de 40 000 nouveaux cas, ce qui fait de lui le deuxième cancer le plus meurtrier. Pour les personnes entre 50 et 74 ans, un dépistage est conseillé tous les deux ans. 1,3 million de coloscopies sont réalisées par an mais un très faible pourcentage révèle des anomalies. Sont-elles vraiment efficaces ? 

Le scientifique Bertrand Granado et son équipe s’affairent à la conception d’une capsule endoscopique dotée d’une caméra et d’un système d’imagerie qui permettrait une cartographie détaillée du côlon et de l’intestin.

« Les capsules endoscopiques existent depuis les années 2000.  Elles sont principalement utilisées pour explorer l’intestin grêle, auquel on ne peut pas accéder par coloscopie. Le problème est que leurs images sont de faible résolution et que le gastro-entérologue qui les analyse est obligé de regarder tout le film pour y détecter d’éventuelles anomalies. Cela demande beaucoup de temps. »

On sait aussi que les coloscopies fournissent des images planes des organes, or les marqueurs du cancer colorectal se trouvent dans les polypes, c’est à dire dans des excroissances de la paroi du côlon. Ce sont elles qui renferment les tumeurs cancéreuses. Les technologies utilisées ne paraissent donc plus assez compétentes. 

Le développement de la capsule Cyclope pourrait représenter une véritable révolution dans les diagnostics. Elle serait dotée d’une caméra mégapixel et d’un système d’éclairage LED qui permettraient de produire des images en haute définition. De plus, elle projetterait un système laser sur les parois de l’intestin pour y repérer les reliefs anormaux. Le patient n’aurait qu’à l’ingurgiter chez lui. Des images envoyées par la sonde seraient recueillies par un récepteur placé à la ceinture. La capsule serait enfin expulsée une douzaine d’heures après soit le temps de la digestion. Ce projet ne renferme que des points positifs : les professionnels de santé gagneraient énormément de temps en ne sélectionnant que les images importantes, les diagnostics seraient bien plus précis et les patients pourraient éviter les désagréments et les risques liés aux coloscopies (l’anesthésie ou le déchirement du tissu intestinal). 

Pour l’heure, l’élaboration de ce petit bijou futuriste n’est pas encore terminée : les chercheurs doivent encore miniaturiser l’appareil d’imagerie pour qu’il soit contenu dans un petit cylindre de 3cm de long et de 1,1 à 1,4cm de diamètre. Ils sont également contraints d’augmenter le temps d’autonomie de la sonde à 12 heures. Dans deux ans, un prototype pourrait voir le jour pour être essayé sur les animaux.

Eulalie Collard

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