Minari et l’épopée du American Dream à la coréenne.

Minari interroge le rêve américain, avec une intrigue semi-autobiographique du réalisateur qui s’inspire librement de son enfance dans une ferme de l’Arkansas, pour dépeindre un portrait doux-amer de l’Amérique profonde sous Reagan.

« Minari », de Lee Isaac Chung, Juin 2021 © Minari

Minari, plante originaire de l’Asie de l’Est donne son nom au film américain de Lee Isaac Chung sortie en 2020. Basée sur l’enfance du réalisateur Lee Isaac Chung, l’intrigue nous plonge dans la vie d’une famille sud-coréenne venue s’installer dans l’Arkansas de 1980 pour se lancer dans l’agriculture. Primé plusieurs fois, aux Oscars, Golden Globes, BAFTA, le filme, regroupe les célèbres comédiens comme Yeun Steven connue pour son interprétation de Glenn dans la série américaine The Walking Dead, Han Ye-ri qui fait son début à Hollywoodien, ainsi que la vétérante du cinéma coréen Youn Yuh-jung. Mais on voit aussi une performance exceptionnelle de la part des enfants de la famille avec l’interprète du rôle de David le jeune acteur Alan S Kim et Noel Cho pour le rôle d’Anne.

Jacob Yi (Yeun Steven) , un père de famille qui débarque en 1980 -avec sa femme Monica Yi (Han Ye-ri) et ses deux enfants Anne Yi (Noel Cho) et David Yi (Alan S Kim) – sur les plaines de L’Arkansas pour se lancer dans la production agricole de fruits et légumes coréen. Jacob espère que ce nouveau départ lui permet de réaliser son rêve de subvenir de sa famille en cultivant la terre ainsi lui permettant à lui et à Monica de quitter leur boulot de sexuage, un travail sous-payé qui consiste à trier à des poussins mâles et femelles en usine.

La majorité de l’intrigue à lieu sur le terrain qui entoure le mobile home dans lequel la famille de vie. On quitte ce paysage que très peu de fois, seulement pour les excursions de la famille à l’usine ou à l’église, ou encore pour la consultation médicale du petit David liée à son souffle au cœur. Les problèmes de cœur de David sont l’une des raisons de la venue de Soon-ja, la mère de Monica interprétée par l’actrice Yoon Yuh-jung. 

Pour contexte, Minari n’est pas la première apparition de l’actrice vétérante sur la scène américaine. Elle joue dans la série américaine Sense8 le rôle de Min-Jung, une prisonnière qui rencontre Sun (Bae Doo-na) et l’aide à s’échapper dans la saison 1 et 2 de la série. Elle fait donc ses débuts sur les grands écrans avec Minari sous le personnage de Soon-ja pour lequel elle remporte le British Academy Film Award de la meilleure actrice dans un second rôle puis l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Elle incarne la mamie venue de Corée sans parler un mot d’Anglais. Chung présente cette mamie comme comique et grossière, mais à la fois dérangeante et infiniment aimante. Non seulement, elle incarne le passé de la famille Yi, venant de la Corée de sud-coréen avec des graines de Minari, elle est représentée comme ce pont entre le passé et le présent. David réticent à l’arrivée de sa grand-mère disant que celle-ci “smells like Korea” (sent comme la Sud-Corée) se rapproche de celle-ci au fur et à mesure de leurs interactions.

Minari regroupe tous les stéréotypes du rêve américain, le tracteur, la grosse voiture, le mobile home. Mais le réalisateur ne se prive pas de montrer les difficultés que rencontrent les familles immigrantes rencontre aux Etats Unis. On peut le voir chez le personnage du petit David qui essaye de s’adapter et de s’assimiler à sa vie américaine, mais aussi avec le père de famille qui refuse de complètement effacer ses racines coréennes dont le choix de la production de fruits de son pays. Monica, la mère famille qui a toujours l’intérêt de ses enfants en priorité est dès le début contre l’idée de Jacob de se relocaliser dans L’Arkansas pour vivre avec le profit de la récolte. Han Yeri aurait très facilement interprété Monica comme une femme amer et aigrie, mais au contraire la performance pragmatique de l’actrice nous permet d’un respect pour la force de cette femme.

Le succès du long-métrage réside dans la simplicité de son intrigue et des interactions de la famille tout en apportant une dimension universelle au récit émouvant et poignant d’une famille en quête de réussite sociale et économique.

Le minari, herbe de l’Est de l’Asie, appelée céleri d’eau et cultivée à l’état sauvage est à l’image de cette famille, son développement est un signe de mystère, symbole d’une terre fertile. Cette herbe fait parallèle à cette famille qui cherche à garder ses racines coréennes tout en s’intégrant à ce nouveau milieu. Tout est question d’enracinement.

Minari a séduit le public avec son approche documentaire sur l’Amérique rural des années 80, avec la difficulté des agriculteurs de ces territoires, mais aussi de l’immigration et des difficultés qu’il rencontre lors de l’intégration qui fait écho au États-Unis post-Trump.

Mariama.C

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