« Le plus important c’est pas le but, c’est le chemin »

Portrait d’une femme fragile, naïve, déterminée mais libre avant tout et d’un âne tête de mule.

Antoinette dans les Cévennes conte l’histoire d’Antoinette, enseignante parisienne, qui part à la poursuite de Vladimir (Benjamin Lavernhe), le père d’une de ses élèves avec lequel elle entretient une relation passionnelle. Ayant prévue de passer ses vacances avec ce dernier, elle tombe des nus lorsqu’il lui annonce qu’il part finalement en randonnée avec sa femme, sa fille et un âne. Révoltée à l’idée de passer l’été seule à Paris, Antoinette enfile ses espadrilles à talons, sa robe à fleur et décide de le suivre jusque dans les Cévennes et s’engage ainsi sur le « Chemin de Stevenson » elle aussi accompagnée de Patrick, un âne au caractère bien trempé, et ce pour notre plus grand plaisir.

Duel de force avec l’âne Patrick © Crédit photo : JULIEN PANIÉ/CHAPKA FILMS/LA FILMERIE/FRANCE 3 CINEMA

Carole Vignal partage avec nous son amour pour les Cévennes. L’idée du film lui vient lorsqu’elle les découvre un été au cours d’une randonnée familiale. Lors de cette randonnée, un âne les accompagnait. Croyez-le ou non, il s’appelait Patrick. Avec Antoinette dans les Cévennes elle signe, son second long métrage en tant que scénariste-réalisatrice. 

Après un second rôle d’assistante rocambolesque dans la série à succès de France 2 Dix Pour Cent, Laure Calamy s’est vu offrir la tête d’affiche. Nommée une première fois en 2018, son interprétation d’Antoinette lui décroche le César de la meilleure actrice en 2021. Antoinette dans les Cévennes obtient en plus 6 autres César dont celui du meilleur scénario original.

Le film nous livre une Laure Calamy drôle, émouvante, parfois pathétique avec un jeu oscillant constamment entre le rire et les larmes. Sa sincérité se transmet au travers de l’écran et nous touche. Ce rôle semble lui avoir été taillé sur mesure. Il paraitrait même qu’elle se soit immédiatement reconnue dans le personnage d’Antoinette et c’est l’une des raisons pour laquelle Carole Vignal lui a offert le rôle.

Laure Calamy donne la réplique à un Patrick qui, bien qu’il soit dépourvu de parole, semble souvent lui répondre, la juger et l’écouter. Antoinette et Patrick confèrent au film un caractère de buddy-movie à l’image de Funès et Bourvil. Pas à pas, l’âne devient un personnage à part entière, on connait son caractère, on attend ses réactions comme s’il s’agissait d’un humain. Antoinette se confie à l’âne, lui raconte des anecdotes, lui partage ses doutes comme on les confierait à un thérapeute. Une psychanalyse à ciel ouvert. Au cours de cette thérapie, la relation entre les deux prend une toute autre dimension, le tout dans un cadre majestueux.

Les plans séquences et panoramiques révèlent la grandeur naturelle du décor. Carole Vignal se veut old-fashion, en effet, aucun drone n’a été utilisé pour réaliser ces images. Aucun artifice n’est ajouté, la nature se suffit à elle-même. Des paysages grandioses, bruts, de la verdure, une actrice et un âne suffisent à nous transporter.

En sortant de la salle, on devine déjà la prochaine destination pour les vacances.

Lisa Catalano

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