Après le silence des agneaux, Hopkins continue de perdre la tête.

29 ans après sa première récompense, l’acteur britannique devient le lauréat le plus âgé de l’académie des oscars. The Father nous fait découvrir le comédien dans un rôle dramatique interprété avec brio.

Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Florian Zeller s’impose incontestablement dans le paysage cinématographique. Qualifié comme “l’auteur de théâtre le plus passionnant de notre époque” par The Guardian, le français de 41 ans a su adapter sa pièce avec brio. Premier volet d’une trilogie écrite en 2012 avec Robert Hirsch, The Father a d’abord connu une première vie au théâtre. Jouée dans une dizaine de pays, son succès immédiat et ses nombreuses récompenses l’ont propulsé comme “l’une des meilleures pièces de la décennie”. Poussé par cette réussite, l’écrivain a décidé d’adapter son best-seller sur grand écran. Le défi était donc de taille pour le réalisateur, qui a su pour cette première réalisation s’entourer d’une équipe plus qu’impressionnante. Épaulé par Christopher Hampton pour la scénarisation, Florian Zeller s’offre les légendaires Anthony Hopkins et Olivia Colman pour les rôles principaux. Ces choix ambitieux seront récompensés de six nominations et deux statuettes lors de la 92ème cérémonie des oscars.

Olivia Colman, Anthony Hopkins.
©F comme Film – Trademark Films

Le casting n’est pas le seul élément audacieux de ce long métrage; son sujet l’est tout autant. Pendant plus d’une heure et demie le film nous place dans la peau d’Anthony, un vieil homme anglais aux troubles de la mémoire de plus en plus handicapant. Confus par ses pertes de repères spatiales, relationnelles et temporelles, le personnage s’en prend à ses proches. Sa fille Anne, fatiguée par l’avancée incontrôlable de la maladie tente de chercher de l’aide auprès d’infirmières et d’institutions médicales. La puissance de la mise en scène nous plonge dans un huis-clos bouleversant et déstabilisant flirtant parfois avec le thriller. Le spectateur devient acteur dans ce long métrage; c’est à travers les yeux d’Anthony que l’on vit le récit. Plongé dans l’esprit d’une personne atteinte de maladie d’Alzheimer, le public est aussi perdu que le personnage principal. De la première à la dernière minute il est impossible de définir la situation géographique, maritale ou encore professionnelle d’Anne, suite aux confusions de son père.

« Cela m’a rendu plus conscient de la mortalité et de la fragilité de la vie, et depuis je juge moins les gens. Nous sommes tous fragiles, nous sommes tous abîmés. »Anthony Hopkins


Près de trente ans après son interprétation exceptionnelle dans Le silence des agneaux, Anthony Hopkins est récompensé de son second oscar pour ce rôle poignant faisant de lui le doyen des lauréats. Interrogé par The Times concernant ce rôle inhabituel, le comédien à confié: « Ce n’était pas un problème de jouer une personne âgée, parce que je suis âgé. Cela m’a rendu plus conscient de la mortalité et de la fragilité de la vie, et depuis je juge moins les gens. Nous sommes tous fragiles, nous sommes tous abîmés. »

Pour son premier long métrage, Florian Zeller a placé la barre très haute. Jouant à merveille avec la confusion du spectateur tant par le décor que par les dialogues, l’adaptation cinématographique a su être à la hauteur de la pièce de théâtre.

M-M. Remetter

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