“J’ai toujours compris les alcoolos, car j’en suis une”

Sans alcool est le premier livre de Claire Touzard. Publié le 13 janvier 2021, il retrace le propre sevrage de l’auteure. Cette dernière nous offre ainsi la critique sans filtre d’une addiction plus que répandue.

Elle fait tenir en 336 pages ses 1 an de questionnements et de lutte. Claire est alcoolique. C’est franc et sans équivoque : elle nous le dit frontalement dès les premières lignes de son livre. Cet alcool qu’on lui avait toujours vanté, vendu comme un ingrédient indispensable à la cohésion sociale, est devenu son pire ennemi. Son dernier verre, qui se présentait désormais comme un moment inévitable, est l’amorce de cet ouvrage. La soirée qui l’a décidée à arrêter de boire reflète ainsi la déchéance vers laquelle la boisson l’avait menée.

« Ce soir, même si je sais l’alcool néfaste pour moi, partout, il clignote de sa joie de vivre exubérante. » – Claire Touzard

Et si Claire met en avant cette addiction, c’est tout d’abord pour la combattre chez elle comme dans la société. Elle entreprend ainsi ce long chemin en 2020, peu avant le premier confinement français qui a été marqué pour bon nombre de nos concitoyens par une hausse des consommations addictives. Ces périodes de confinements n’ont toutefois révélé qu’une “faible” hausse en termes de consommation d’alcool. Ainsi, selon un rapport de l’association Addiction France, seulement 21% de la population indique avoir augmenté sa consommation d’alcool contre 20% qui affirme l’avoir réduite.

Conséquences possibles de la surconsommation d’alcool © Le Figaro

Malgré ces chiffres encourageants, le livre fait état d’un problème de société alarmant et qui ne cessera pas d’être d’actualité : l’alcoolisme. À travers une rétrospective d’une quinzaine d’années, Claire Touzard interroge la place qu’a eu l’alcool dans sa vie : sur elle, dans sa famille, dans sa vie professionnelle et dans la formation de sa féminité. L’image positive que l’on peut avoir de l’alcool et de ses effets, elle la casse, la déconstruit afin de nous forcer à nous réinterroger sur notre consommation en tant que personne, en tant que Français.

Au-delà d’un important produit de terroir, l’auteure révèle que l’alcool s’immisce partout. D’ailleurs, elle, qui est une femme et était journaliste et grand reporter, active et présentait bien, apparaît comme la figure de l’alcoolique qu’elle nous pousse à identifier et ne pas devenir. Sans alcool est alors une ode à la sobriété, porteur, selon le regard du lecteur, d’un message critique ou d’un message salvateur de ces breuvages.

LPJ

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