Hong Kong : Au cœur des gratte-ciels, des appartements-cercueil 

À Hong Kong, les prix des loyers sont exorbitants. Les plus démunis n’ont d’autre choix que d’habiter dans des appartements minuscules et insalubres.

Autonome du reste de la Chine (jusqu’en 2047 au moins), Hong Kong est une région de 1100 kilomètres carré, comptant près de 7,5 millions d’habitants. C’est l’une des villes les plus denses au monde. C’est aussi là que le prix de l’immobilier est l’un des plus élevés. Faute de moyens, les plus pauvres sont contraints de vivre dans des appartements-cercueil, aussi appelés « maisons-cage ». 

Les gratte-ciels de Hong Kong, vus du Pic Victoria. ©Alexia Lam

Dans un reportage de 2018 intitulé « Chine : Mon week-end dans 2m2 » de L’Effet Papillon, une émission produite par l’agence CAPA (Chaballier & Associates Press Agency), le journaliste Benoit Chaumont s’immisce, le temps d’un week-end, dans un de ces micro-logements. 

Son séjour débute par un tour du quartier populaire de Mong Kok. La visite est animée par un guide qui montre à des touristes la face cachée de Hong Kong, afin de les sensibiliser aux inégalités et aux injustices présentes sur l’île. Il leur apprend que la plupart des bâtiments autour d’eux abritent sûrement des appartements-cercueils, mais que seules quelques ONG connaissent leurs véritables emplacements. Grâce à l’une de ces ONG, Benoit Chaumont parvient à en infiltrer un. L’espace qu’il visite mesure 60 mètres carré, mais il a été divisé en 23 appartements. La cuisine et la salle de bain sont partagées. Il n’y a pas de fenêtre, seulement des ventilateurs comme moyen d’aération. Simon, un des locataires, accepte de montrer sa cabine. L’homme est retraité et vit là depuis 4 ans, faute de moyens. Il paie 185 euros de loyer par mois, sans électricité.

On s’habitue à tout. De toute façon ailleurs, c’est trop cher. Je gagne pas assez d’argent, c’est pour ça que je suis dans cette petite pièce.

Simon, un retraité hongkongais qui vit dans un appartement-cercueil.
Au coeur des appartements-cercueil du quartier populaire de Mong Kok. ©L’effet Papillon sur Youtube. 

Benoit Chaumont continue son séjour en louant sa propre maison-cage. Il faut savoir que c’est grâce au guide touristique rencontré plus tôt qu’il obtient le logement, puisque les propriétaires ne louent pas aux étrangers. Armé de son caméscope et de son ordinateur portable, il documente le lieu plutôt horrifique. Dans une pièce de 25 mètres carré s’entassent 15 personnes. Au « 3ème étage », son espace fait 70 centimètres de large pour 70 centimètres de hauteur. Faisant 1m85, il ne peut même pas étendre ses jambes. En commentaires, il constate la chaleur, les punaises de lit, les rats. Au bout d’1h30, il renonce et quitte les lieux. 

Le journaliste Benoit Chaumont, dans son logement de moins d’un mètre carré. ©L’effet Papillon sur Youtube. 

Même s’il aurait dû mieux formuler son titre, puisqu’au final, Benoit Chaumont n’a tenu qu’1h30 dans un appartement-cercueil, le documentaire rend bien compte des inégalités que cache la région de Hong Kong. Car en effet, quand on pense à Hong Kong, on ne pense pas forcément à la misère dans laquelle peuvent vivre ses habitants. De plus, le reportage a été tourné il y a déjà 3 ans, mais on peut imaginer quelle a été la situation aux débuts de la crise sanitaire. Pire, sans aucun doute. En tout cas, pour que ces appartements-cercueils cessent d’exister, il faudrait que le gouvernement trouve un moyen de reloger ses habitants, ce qui n’est sûrement pas une priorité…

Alexia Lam

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :