Le vieux Paris : rencontre avec l’un de ses métiers de rue

Dès la fin du XIXème siècle et suite à une restructuration de la ville due à sa modernisation, de nombreux emplois de rue sont peu à peu interdits. Afin de capturer cette culture en voie de disparition, le photographe Eugène Atget a réalisé des séries de clichés à ce propos. 

Des distributeurs de journaux, de flyers, des gérants d’échoppes et des éboueurs : voilà le genre d’emplois que l’on voit de nos jours exercés sur la voie publique. Mais il y a plus de 100 ans, c’étaient des cireurs de chaussures, des réparateurs de vélos ou encore des raccommodeurs de faïences que l’on pouvait trouver dans la rue. Et c’est d’ailleurs l’un de ces derniers que l’on nous donne à voir sur cette image. 

Raccommodeur de faïences, Eugène ATGET © Cliché Bibliothèque Nationale de France

Un léger sourire aux lèvres et des mains fermement dévouées à leur tâche. Ce raccommodeur est affairé sur un grand plat. Au sol à droite dans une assiette se trouve son mastic, très probablement composé de céruse et de blancs d’oeufs. Ce mélange, qui résiste parfaitement à l’eau bouillante, il l’applique au cœur des fissures de cette faïence. Et afin de protéger ses vêtements, un drap est étendu sur ses genoux, ce qui ne semble pas avoir suffi pour éviter d’en mettre sur ses chaussures et sa veste. 

Son activité, il l’exerce devant un commerce qui, avec l’ensemble de ses volets baissés, paraît fermé. Le cadrage très proche de l’homme nous permet d’identifier certains de ses outils de rafistolage et ses habits. On peut ainsi deviner qu’il est probablement assis sur un tabouret et qu’à gauche de son pied droit se trouve une brosse pour accomplir les finitions de son travail. Malgré le doute qui peut subsister sur certains objets à ses pieds, il est aisé de comprendre que l’emploi de cet homme était de raccommoder ces céramiques. 

L’image en noir et blanc laisse à la fois voir la totalité de son action tout en en cachant certains détails imperceptibles au vu de ses teintes. La valeur historique de la photographie est indéniable. Et bien qu’il soit évident que ce raccommodeur aie été au courant qu’on le prenait en photographie – les appareils photos du XIXème étaient bien trop imposants – on peut aujourd’hui avoir l’impression de s’immiscer intimement dans son travail sans qu’il ne s’en aperçoive. 

LPJ

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