Christo disparu, sa dernière œuvre voit le jour

Soixante ans après l’imagination de ce projet, l’artiste Christo et sa femme Jeanne-Claude ont enfin pu mener à bien leur dessein : empaqueter l’Arc de triomphe. 

Christo et un de ses dessins préparatoires pour « L’Arc de Triomphe empaqueté » en septembre 2019. © Wolfgang Volz/2019 Fondation Christo et Jeanne-Claude

Une entreprise sensationnelle mais transitoire. Du 18 septembre au 3 octobre 2021, vous pourrez découvrir l’ultime réalisation de l’Américain Christo et de sa femme Jeanne-Claude. Pourtant, tous deux sont respectivement décédés en 2020 et 2009. De fait, il n’a jamais été question que son œuvre ne survive pas à son décès. Le projet, imaginé en 1961 et initialement prévu pour septembre 2020, a finalement été porté jusqu’à son aboutissement par ses proches. 

Mais Christo n’en est pas à son premier coup d’essai. A Paris, nombreux sont ceux qui se souviennent de son emballage du Pont-Neuf en 1985. En 1991, il a uni le Japon aux Etats-Unis grâce à une traversée de parapluies géants. Et plus tard, en 1995 et en Allemagne, il a recouvert le Palais du Reichstag de Berlin. Ses installations, toutes monumentales et innovantes, n’en provoquent pas moins les interrogations. 

De ses débuts jusqu’à sa dernière œuvre posthume, son travail a toujours été à la fois adulé et sous le feu des critiques. Les négociations pour ériger ses œuvres ont souvent pris jusqu’à une dizaine d’années. Et une fois montées, le public a inlassablement été au rendez-vous sans forcément comprendre l’intérêt et l’esthétique de ces installations. Avec ou sans signification universelle, toutes ces créations ont cependant certains points en commun : elles sont accessibles gratuitement et ont bien souvent une interprétation multiple. 

La facilité d’accès à ces œuvres est d’ailleurs ce qui les rend si uniques. En plus d’avoir de l’ampleur, elles donnent et redonnent de la visibilité à des lieux et des monuments qui en perdaient lorsqu’ils s’inscrivaient de manière immuable dans un environnement changeant. Avec l’emballage de l’Arc de triomphe, Christo a su faire redécouvrir aux Parisiens ce monument qu’ils connaissent si bien. 

Cette démarche éphémère, qui aura coûté 14 millions d’euros, n’a toutefois pas nécessité l’aide du contribuable. Comme à leur habitude, Christo et Jeanne-Claude ont financé leur dernière œuvre grâce à leurs propres fonds, issus de la vente de leurs études préparatoires. Ce mode de financement, qui inclut le refus des sponsors, vient enrichir davantage ce que représentent leurs montages : de l’art pour tous.

LPJ

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