IMMIGRATION: La vie en France à travers deux visions

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Tous les immigrés ayant voyagé d’un continent à l’autre partagent la même histoire, peu importe leur religion ou la couleur de leur peau (…) on retrouve chez chacun la même persévérance pour migrer, améliorer. Cette persévérance incarnée par des millions de personnes chaque année.

Grant, jeune Australien blanc

L’occident nourrit nos envies et oublie les cris de notre faim, génération africaine de la mondialisation. Attirée, puis filtrée, parquée, rejetée, désolée. Nous sommes les Malgré-nous du voyage.

Salie, Sénégalaise, personnage principal du roman semi-autobiographique de Fatou Diome Le ventre de l’Atlantique

Saviez- vous que 3% de la population mondiale, soit l’équivalent de 215 millions de personnes, vivent dans un pays différent de leur pays d’origine ? Ces départs peuvent-être justifiés par différentes raisons allant de celui qui rejoint sa famille à celui qui souhaite poursuivre ses études à la recherche d’un meilleur niveau de vie. En 2018, on comptait 6.5 millions d’immigrants vivant en France, ce qui représentait tout de même 9.7% de la population française. La cohabitation de personnes venant de différents horizons et contraintes de vivre ensemble crée un choc culturel. Celui-ci pousse certains individus à avoir des idées fixes et trop simplistes d’une communauté ou d’un groupe. Il est possible que ces idées soient en faveur du groupe en question. Cependant, la plupart des stéréotypes sont très négatifs. Mais dans quelle mesure affectent-ils l’histoire et l’expérience des immigrants ? 

Dans une interview, Grant raconte son expérience des stéréotypes culturels du temps où il était psychologue dans l’armée. Il revient sur sa position privilégiée en tant qu’homme blanc australien. “Nous ne souffrons pas des stéréotypes appliqués à d’autres nationalités, ils sont aussi injustifiés que nuisibles. Les stéréotypes sont bénéfiques pour nous… nous sommes perçus comme des gens travailleurs et convenables, on fait le job.” 

Grant est conscient que les stéréotypes peuvent impacter la vie des immigrants. En ce qui le concerne, le fossé entre son rêve de migration et la réalité est quasi insignifiant. Malgré ses difficultés à parler français, le but qu’il s’est fixé reste accessible grâce à son éducation et son origine. Bien qu’il soit immédiatement catalogué comme étranger dès qu’il ouvre la bouche, il n’est pas jugé sévèrement et conserve une bonne place dans la société française. Pour les chanceux tels que Grant, les stéréotypes sont des atouts qui facilitent la vie sociale d’un étranger. Bien que les stéréotypes aient joué en sa faveur, Grant est conscient qu’ils peuvent représenter un danger et avoir un impact négatif sur la vie d’un immigrant. L’histoire de Salie illustre à quel point ces stéréotypes peuvent compliquer la vie d’un étranger. 

© Le ventre de l’Atlantique par Fatou Diome. Une histoire d’immigration entre le Senegal et la France.


 Dans le roman semi-autobiographique Le ventre de l’Atlantique, après avoir obtenu d’excellentes notes au lycée, Salie immigre en France afin de poursuivre des études supérieures. Elle épouse un homme blanc d’origine française, mais le mariage ne dure pas car la famille de ce dernier s’oppose à leur union. Après son divorce, elle se voit obligée de travailler à temps partiel en tant que femme de ménage afin de payer ses études. Sa vie d’immigrée semble très éloignée de celle de Grant. Leur individualité est clairement au cœur de cette différence. En effet, elle est issue d’un milieu modeste et a grandi dans un pays en voie de développement qui avait peu à lui offrir. Sa vie en France n’est guère meilleure. Elle doit faire face à la pauvreté et est désormais exposée au racisme envers les Sénégalais. Contrairement à Grant, l’expérience de Salie en matière d’immigration est bien loin du rêve devenu réalité.  Bien que le roman soit basé sur une histoire fictive, les éléments sont tirés de la vie de l’auteur à laquelle beaucoup de gens peuvent s’identifier à Salie.

Il existe toutefois des similitudes entre les histoires de Grant et de Salie. Tous deux ont immigré pour des raisons pratiques. L’un pour ses études, l’autre parce le fait de vouloir rester en Europe l’a obligé à quitter le Royaume-Uni en raison du Brexit. Tout comme Salie, Grant a immigré en France seul, et ils ont tous deux dû faire face à la barrière de la langue. Salie à cause de son très fort accent sénégalais et Grant parce qu’il ne parle pas très bien le français. De plus, aucun des deux n’envisage de retourner dans son pays d’origine. Mais il n’en reste pas moins que Grant semble être en paix avec son choix de délocalisation. Salie, quant à elle, est déchirée par la réalité de sa vie ; bien qu’elle ne sente pas chez elle en France, son statut amélioré d’étudiante “française” lui interdit de retourner dans son pays d’origine.  Elle affirme : “Je suis une étrangère, partout”. 

 Ce qui a réellement conditionné les histoires de Grant et Salie dans la façon dont la société les perçoit, c’est le fait d’appartenir à des groupes ethniques et sociaux différents. Leurs personnalités interviennent peu dans leurs expériences de l’immigration. En fonction de votre identité socioculturelle, les gens vous verront soit comme un Grant, soit comme une Salie. Poser un jugement et/ou former des hypothèses inappropriées sur une personne ou une communauté donnée est une habitude répandue qui a toujours été socialement tolérée. Les préjugés peuvent prendre de nombreuses formes. Les Chinois, par exemple, se font insulter depuis le début de la crise sanitaire. Sur les réseaux sociaux, on les traite de toutes sortes de noms, tels que ”virus ambulants”. En 2020, le Covid-19 est de loin le thème le plus souvent associé à la Chine par le public français, une façon de souligner le lien entre la pandémie et son pays d’origine. Les stéréotypes ne sont pas seulement révoltants, ils ruinent aussi  des vies.

Noelly Rocher 

Alexandra Dina 

Shelby Cane 

Imad Baazizi 

Références:

https://www.ined.fr/en/everything_about_population

https://www.ifri.org/en/publications

https://brunocatalano.com/sculpture-bronze/bruno-catalano-a-propos.php

Diome, Fatou. Le ventre de l’Atlantique. Diffusion Hachette

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