Ce qui est caché derrière le succès d’Amazon

Amazon,  l’entreprise la  plus  grande  multinationale du monde avec 865 milliards de dollars de capitalisation boursière, est devenue une suprématie au détriment du respect des droits de  ses salariés selon un rapport publié par Attac France en 24 novembre 2019.

Commander et payer en un seul clic de souris, livraison ultra-rapide, le  plus   grand   choix   possible de produits et les tarifs les plus bas est la recette gagnante  pour Amazon. Un rythme de production super rapide qui met en danger les conditions physique, morale et financière des salariés de la compagnie.  D’après le même rapport, qui est intitulé “Impunité fiscale, sociale et environnementale : immersion dans le modèle Amazon”, Amazon compte   645 000   salarié·e·s   dans  le  monde et  6  sites  logistiques. Elle dispose également de 10 agences de livraison et 2  centres  de  tri.

Amazon fait  appel  à  une  main  d’œuvre  souvent  non qualifiée et moins chère  dans   les   entrepôts . Les intérimaires représentent  souvent  la  moitié des effectifs, comme cela a pu être constaté en Allemagne, en France et en Pologne, et ils sont recrutés à travers les boîtes d’intérim et non par Amazon directement. Ces  « badges  verts »,  les  intérimaires  en  langage  Amazon,  opposés  aux «   badges bleus», représentent l’épine dorsale de la compagnie. Ce n’est pas un choix au hasard mais bien calculé. Ces intérimaires ne peuvent pas protester contre les conditions de travail et n’osent pas se mobiliser parce qu’ils craignent de perdre leurs emplois.

Le rythme super rapide de la production  a des lourdes conséquences sur la santé des salariés. Travailler chez Amazon  c’est être sous pression  d’un  travail  toujours  plus  accéléré  et  harassant. L’entreprise  impose tellement  une  productivité  en  hausse constant que “certains  postes  les  salariés  marchent  plus de 15 kilomètres par jour et portent souvent des  charges  lourdes”. En outre, Amazon met en place des stratégies   pour un maximum d’efficacité et de vitesse. Les “pickers” , qui sont responsable de préparation des commandes, sont dotés d’un “PAD”, “appareil électronique connecté leur fournissant toutes les informations  nécessaires  en  temps  réel: localisation  du  produit,  quantité  commandée, zone  de  regroupement  de  la  commande”. En se basant sur les informations transmises , les responsables  peuvent  géolocaliser  les  “pickers”  et contrôler  le  temps d’exécution de leurs tâches. Cette stratégie contribue à la déshumanisation de travailleurs et elle vise à les transformer en robots rapides.

©Lutter C’est Vivre

L’entreprise exige de ses salariés de travailler les weekends et pendant les nuits, un rythme qui fait souffrir le corps et la morale.” En  France, la  multinationale a réalisé le tour de force d’appliquer celle du transport et de la logistique, qui est  moins  favorable  aux  salarié·e·s  concernant  l’attribution  de  primes,  la  possibilité  de  travailler  la  nuit  et  le  dimanche”. En  2019,  l’Union  syndicale  Solidaires  a  d’ailleurs  saisi  le tribunal à ce propos. Avec  un  tel  rythme  et  un travail  de  nuit, les  syndromes d’épuisement, les accidents du travail et les licenciements pour inaptitude sont fréquents. Le nombre de  salarié·e·s  qui  sont touchés par  des troubles musculo-squelettiques et des maladies  professionnelles  est en augmentation. Selon le rapport, un bilan  de  la  médecine  du  travail  établi  en  2015  concernant  les  salarié·e·s  du  site de  Saran “ fait  état  de  173  personnes  « aptes avec restriction médicale» pour un groupe de 901 salarié·e·s déclarés «aptes», soit  20 % !”. Malgré  que cette souffrance physique est dénoncée  par  les  équipes  syndicales en France,  en  Allemagne,  en  Pologne  ou  ailleurs,  Amazon ne cesse pas de profiter de ses travailleurs et s’enrichir sur leurs dos.

©Communisme Ouvrier

Amazon met la situation financière des salariés aussi en danger. “L’auto-exploitation et cadences infernales pour gagner tout juste de quoi survivre et sans aucune protection sociale”  se manifeste sur son  programme “Amazon  Flex”  qui  permet n’importe qui de devenir un livreur chez Amazon. Il suffit  d’avoir  le  permis,  une  voiture  ou  un  vélo ainsi  qu’un  téléphone. Amazon  développe  également  un  service  de micro-travail depuis 2005. “Amazon Mechanical  Turk” est  une  plate-forme  web  qui  “fait réaliser à des internautes des tâches plus ou moins  complexes  comme  identifier  des  objets  sur  des  images,  traduire  ou  transcrire des  documents  ou  des  sons,  renommer  des fichiers,  réaliser  des  requêtes  sur  des  moteurs  de  recherche,  etc”. Ceux qui font ces tâches en ligne n’ont aucun statut  ni  contrat  de  travail  et  pour  une  rémunération  dérisoire. Selon le rapport, “une  micro-tâche  est  généralement payée entre 1 et 5 centimes de dollars.” Une rémunération dégradante  de la part d’une entreprise puissante.

 En plus de cela, les positions de salariés sont en danger comme ils sont en train d’être remplacées par des machines. Par exemple, en  juin  2019,  Amazon  a annoncé  être  bientôt  prête  à  livrer  ses  colis par drones. Des  machines  devraient  aussi bientôt  remplacer les  “pickers”. A cause de cette stratégie, “Amazon ne compte en 2017 plus que 4,7 salarié.e.s  pour  1  robot,  contre  7,7  en  2015”. L’entrée d’Amazon sur le marché de l’alimentation  est  une  perspective  particulièrement  inquiétante  pour  la  grande  distribution.“Amazon  Go”,  un  magasin  sans  caisses  dans  lequel  les  client·e-s  peuvent faire leurs achats sur une  application  sur  leur  téléphone dans.   3000   magasins   seraient  envisagés  à  l’horizon  2021  dans  le monde… Ce magasin virtuel menace le travail des caissiers et caissières. “En France c’est 170000 emplois de caissiers  et  caissières  qui  sont  potentiellement menacés.

©ThisIsMoney

Quel est l’avenir d’une telle entreprise multinationale et puissante? quand reconnaîtra-t-elle ses violations des conditions de travail et rendra hommage à ses travailleurs?

Narimane Dhaoui

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