Amazon : l’exploitation d’êtres humains au profit du capitalisme

Photo : Un entrepôt d’Amazon. ©Uwe Zucchi/dpa

Les salarié·e·s de la plus puissante multinationale du monde sont sous-payé·e·s et travaillent dans d’atroces conditions. L’entreprise de Jeff Bezos s’enrichit de plus en plus, au détriment de la santé de ses employé·e·s. 

Une catastrophe qui ne date pas d’hier. Et si votre smartphone acheté sur Amazon était produit dans le respect du droit du travail ? Beaucoup de personnes en rêvent. Beaucoup se battent pour qu’Amazon mette fin à l’exploitation de ses travailleurs. Selon le rapport « Impunité fiscale, sociale et environnementale : immersion dans le modèle Amazon » de l’association Attac paru le 24 novembre 2019, Amazon compte 645 000 salarié·e·s dans le monde. Cette multinationale a été créée par le multimilliardaire Jeff Bezos en juillet 1994 et est aujourd’hui la plus grande multinationale du monde. Si certains applaudissent l’évolution de l’entreprise, d’autres dénoncent ses effets destructeurs sur le plan social, écologique et également fiscal. D’autant plus que la plupart de ces actions ravageuses ne sont pas punies. Aucune nouveauté, on le sait depuis des années que les conditions de travail des employé·e·s de cette multinationale sont désastreuses. Rémunérations très faibles, cadences imposées, mesures de surveillance des salarié·e·s, abus d’utilisation des intérimaires… Toutes ces exploitations des travailleurs et travailleuses ne sont plus acceptables. Des mouvements et luttes ont commencé à se faire entendre dans plusieurs pays, mais un long chemin reste à parcourir pour détruire le pouvoir que détient Amazon. L’association Attac a publié un rapport expliquant les différentes formes d’exploitation des employé·e·s au sein de l’entreprise. 

Tout d’abord, les délais de livraison chez Amazon sont très courts et l’entreprise assure même des livraisons du jour au lendemain. Si cette caractéristique parait bénéfique pour les clients, elle ne l’est pas pour les livreurs. En effet, ces derniers sont constamment sous pression car ils n’ont pas la possibilité de pouvoir s’organiser et doivent livrer les colis le plus rapidement possible. Ensuite, un dispositif de pression est mis en place par les leaders d’Amazon. Premièrement, les responsables des employé·e·s contrôlent le temps d’exécution des tâches grâce au “PAD”, appareil électronique qui fournit des informations  sur la commande en temps réel. Comme les mots d’ordre de la multinationale sont « efficacité » et « vitesse », tou·te·s les salarié·e·s doivent donner un feedback sur la réalisation de leurs tâches et l’atteinte de leurs objectifs en fin de journée. Ce feedback s’avère être anxiogène et très stressant pour les ouvrier·e·s et détériore leur santé mentale. D’autant plus que les supérieur·e·s encouragent la dénonciation au sein d’Amazon. Cela favorise la compétitivité entre les employé·e·s et le surinvestissement personnel. Les salarié·e·s souffrent aussi de douleurs physiques à cause du rythme accéléré de travail et des charges lourdes que certain·e·s doivent porter. Amazon profite également de la précarité des travailleurs et travailleuses immigré·e·s pour optimiser le coût de sa main d’oeuvre. 

Une autre exploitation complètement dévastatrice est celle des femmes et hommes enfermé·e·s dans des immeubles délabrés au Bangladesh pour concevoir des articles vendus par Amazon. Ce désastre a été découvert en avril 2013 après l’effondrement du Rana Plaza, un immeuble qui abritait de nombreux ateliers de confection de vêtements. Selon Libération, ce drame a fait 1 138 morts, dont la grande majorité était des ouvrier·e·s sous-payé·e·s et exploité·e·s. En réponse à cet évènement, plusieurs distributeurs et marques se sont engagés à ne plus faire travailler leur main d’oeuvre dans ces conditions. Cependant, selon une enquête du Wall Street Journal publiée le 23 octobre 2019, Amazon continue la vente d’articles fabriqués dans ces usines. Non seulement la multinationale tire profit de l’exploitation des employé·e·s, mais elle contribue également à la dégradation de la santé mentale et physique de ces dernier·e·s. Quand Jeff Bezos prendra-t-il conscience des dommages que son entreprise fait subir à des êtres humains ? 

Luna Perruchi

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