La toute puissante Amazon, despote écologique du siècle

15 milliards de produits vendus. Une capitalisation boursière de 865 milliards de dollars en 2018. Voici quelques chiffres vertigineux qui résument parfaitement le géant américain Amazon selon un rapport Attac, Les Amis de la Terre et de l’Union syndicale Solidaires publié en novembre 2019. Et son impact sur la planète est tout aussi affolant. 

Une entreprise à la croissance rapide

Créée en 1994 par Jeff Bezos afin de faire parti de la réussite via internet, Amazon est aujourd’hui un monstre capitaliste. D’abord conçue comme une plateforme de vente de livres en ligne, Bezos à l’ambition d’en faire la plus grande jamais créée. Très vite, elle se développe aux Etats-Unis et devient un supermarché géant d’achat sur internet. 

Sans cesse en train d’innover pour se développer, l’entreprise possède aujourd’hui plusieurs centaines de sites dans le monde. Elle est implantée sur tous les continents, aussi bien pour la distribution que pour l’extraction des ressources disponibles. L’impact écologique d’Amazon n’est cependant pas une priorité pour son PDG, qui compte ouvrir un nouvel entrepôt de 150 000m2 en France selon le rapport Attac.

Le capitalisme comme unique moteur

L’objectif du géant américain est simple: s’enrichir toujours plus. Pour cela, rien de mieux que de rendre accros ses consommateurs. Lancé en 2016, le Prime permets de consommer encore plus et plus vite. Le principe est on ne peut plus clair, les consommateurs souscrivent à un abonnement pour bénéficier de la livraison de leurs achats dans la journée. Cette nouvelle promesse faite à ses consommateurs a servi d’excuse à Amazon pour justifier l’acheminement des produits par avion. En effet, la livraison en moins de 24 heures nécessite un transport des marchandises très rapide.  De plus, la souscription à un abonnement pousse généralement les consommateurs à essayer de le rentabiliser le plus rapidement possible, les faisant consommer de manière compulsive et inutile. Amazon a d’ailleurs investi dans la location de 50 Boeing en 2018 et prévoit d’en acquérir 71 d’ici 2021 d’après ce rapport. En 2019, les avions d’Amazon réalisaient 110 vols par jours aux Etats-Unis et 20 en Europe afin d’acheminer le plus rapidement possible ses produits. 

Boeing 767 d’Amazon Prime chargé à Seattle. (AP Photo/Ted S. Warren)©

Amazon la menteuse

Ces mesures vont à l’encontre des engagements pris par Amazon pour limiter leur impact sur l’environnement. En effet, le secteur des transports est le second émetteur de gaz à effets de serre du monde et l’importation de marchandises représente un tiers de ces transports. A la suite de la publication de leurs chiffres, Amazon a assuré mettre en place une politique plus respectueuse, néanmoins leurs promesses ne concernent pas tout le processus de livraison. Celui-ci possède trois phases distinctes: le transport des produits depuis la Chine et l’Asie de l’Est représente la première, vient ensuite la phase de transport entre les aéroports et ports jusqu’aux entrepôts de stockage, la dernière phase consistant en la livraisons des produits à domicile. C’est cette dernière qui est concernée par l’acheminement des marchandises grâce à des véhicules électriques. Néanmoins l’acquisition du parc automobile de 100 000 véhicules n’est nettement pas suffisant pour répondre à la demande qui nécessite déjà 20 000 camionnettes rien qu’en France. 

Autre mensonge du géant, le projet de compensation carbone. Amazon aurait investi 100 millions de dollars pour planter des arbres afin compenser ses émissions de CO2. Il s’avère que leurs promesses ne peuvent être tenues compte tenu du temps nécessaire aux arbres pour pousser et atteindre leur potentiel maximum de traitement du CO2. De plus, l’entreprise participe activement au réchauffement climatique qui provoque de nombreux incendies à travers le monde. Ces incendies ont pour conséquence de relâcher dans l’atmosphere des quantités astronomiques de CO2 en détruisant les arbres. Amazon participe donc à la destruction de la nature alors qu’elle promet de compenser ses émissions. 

Amazon en veut toujours plus

Après avoir conquis le marché de la vente en ligne, Amazon s’attaque à un nouveau domaine, celui du streaming. En lançant son propre programme de vidéos à la demande, le monstre américain devient le premier concurrent du géant Netflix, déjà implanté depuis plusieurs années sur le marché. Pour permettre à ses consommateurs de visionner tout ce contenu, il faut des centres de données capables d’être actifs en permanences. Ces « datas centers » sont très gloutons en matière d’énergie et nécessitent d’être refroidis de manière constante. De plus, les matériaux nécessaires à leurs construction sont eux aussi peu écologiques à extraire. En 2018, les centres de données auraient consommés 198 TWh, soit 1% de l’électricité mondiale. Toujours d’après le rapport Attac, Amazon Web services (AWS) possèdent 48% du cloud public, ce service de sauvegarde des données en ligne. La quantité d’informations stockées par le géant américain correspond à des milliards de milliards d’octets et l’énergie nécessaire pour faire tourner ces centres est incommensurable. Selon les calculs d’Attac, les émissions de gaz à effets de serre d’AWS s’élèveraient à 55,8 millions de tonnes en 2018, soit l’équivalent de celles du Portugal. 

Data center d’Amazon. JP Reis©

Si les chiffres donnés dans ses rapports par Amazon à force de pression semblent quelques peu bas, il n’en est pas moins sûr que leurs engagements pour la survie de la planète ne seront pas leur priorité. Avec une croissance économique exponentielle en 2020 encore jamais observée dans l’économie, le géant de la distribution en ligne possède toutes les clés en main pour étendre son empire jusqu’à chaque boîte au lettre du monde. L’entreprise annonce de nombreux projets pour intégrer les énergies renouvelables à son mode de fonctionnement mais pourtant rien n’est mis en place pour les réaliser, et ce n’est certainement pas faute de moyens. 

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