Covid-19: Et si on donnait la parole aux étudiants?

Entre cours en distanciel, partiels reportés ou annulés, overdose d’écrans et absence totale de contacts humains, on peut dire que l’épidémie de Covid-19 n’aura pas épargné les étudiants. Pour CultureXchange, Janis, 23 ans, revient sur ce qui a été selon elle, l’année la plus marquante de sa vie universitaire.

Janis©Instagram

CultureXchange: Bonjour Janis, peux-tu te présenter s’il te plait ?

Janis: Bonjour, je m’appelle Janis, j’ai 23 ans et je suis étudiante en Master 2 de Didactique du français langue étrangère à l’université Paris Diderot.

Tu habites seule ?

Non, j’habite avec mes parents et mon frère. On est confinés ensemble mais j’ai une chambre pour moi seule dans laquelle je peux étudier.

Comme tu le sais, nous nous trouvons actuellement au cœur d’une épidémie meurtrière. De nombreux lieux de rassemblement ont donc dû être fermés. Que penses-tu de la décision de fermer les universités ?

Pour moi cela en dit long sur les priorités du gouvernement… Le fait que les magasins soient rouvrent et que les universités restent fermées, c’est une manière de dire aux gens qu’ils ne sont que des consommateurs. dans un sens je comprends, il faut limiter les rassemblements mais maintenir les facs fermées, des lieux d’enseignements super importants pour ouvrir des magasins parfois pas vitaux, c’est ca qui me pose problème.

Que penses-tu des cours en en ligne?

Pour être honnête, je suis un peu blasée par mes études. Je suppose que je suis au creux de la vague. Le fait de ne plus avoir de cours en présentiel ne m’a pas trop touché. En revanche, je trouve alarmant que le numérique prenne de plus en plus de place dans l’éducation. J’ai le sentiment que le gouvernement pense que le virtuel peut remplacer la proximité du réel. C’est impossible. Pour bien comprendre, j’ai besoin de voir des gens, interagir avec une machine, c’est pas trop mon truc.

J’ai le sentiment que le gouvernement pense que le virtuel peut remplacer la proximité du réel. C’est impossible.

Janis

Comment s’est déroulé ton 1er semestre ?

J’étais assez anxieuse au début. J’étais convaincue que je ne réussirai pas à suivre, ni à me concentrer. Finalement, je me suis habituée. Je ne râle plus lorsque j’ai cours sur zoom (rires). En revanche, j’ai acheté des lunettes parce que certaines personnes ne se rendent pas compte que rester 10h devant un écran, c’est juste mauvais pour la santé. Je suis assez fière de moi car , pour la première fois, je n’ai raté aucun cours. Généralement quand l’hiver arrive, le matin je reste sous ma couette mais avec les cours en ligne, je peux suivre les cours et rester au chaud !

T’es tu sentie accompagnée par le corps enseignant ?

J’ai eu une seule prof pénible qui nous a vraiment donné trop de travail. Les autres profs ont été compréhensifs. Tout comme nous, ils ont directement été impactés par cette crise et il leur a fallu trouver des solutions.

Tu as mentionné vivre avec ta famille. Pourrais-tu nous en dire plus sur tes conditions de travail ?

Je n’ai pas envie d’être cette fille qui se plaint alors que j’ai ma propre chambre et que je vis dans un appartement relativement grand. J’ai aussi mon propre ordinateur. Mais à cause de la connexion internet, je me suis plusieurs fois retrouvée à travailler dans mon salon. Ce qui m’embêtait le plus, c’était lorsque je devais demander à mes parents de parler moins fort ou d’arrêter leurs activités pour me laisser travailler ou parce que je donnais un cours.

Ne supportant plus les conditions de travail, beaucoup d’étudiants avouent avoir décroché. Et toi, as tu déjà voulu jeter l’éponge ?

Non, jamais. Je sais que j’ai besoin de ce diplôme pour travailler. Ce qu’on me demande de faire est relativement facile. Mes travaux sont généralement en groupe alors mes camarades et moi essayons de nous soutenir mutuellement. En plus, je suis à la fin de mes etudes, je n’ai pas vraiment de raisons d’abandonner.

Comment te sens-tu mentalement ? Physiquement ?

Mentalement, je suis épuisée. C’est d’ailleurs assez paradoxal car même en me déplaçant pour aller à la fac, j’ai rarement été aussi fatiguée. Le fait de ne pas changer d’air et de constamment faire la même chose me déstabilise beaucoup. Je tiens le coup en me disant que c’est la dernière ligne droite. Physiquement, je sens que mon corps devient fainéant (rires). C’est le manque d’activités sportives qui me pèse le plus, j’ai besoin de bouger.

Mentalement, je suis épuisée.

Janis

Et bien justement, peux-tu nous parler de la manière dont la pandémie a changé ton quotidien ?

Dans la vie de tout les jours (sans Covid évidement), je suis assez énergique. Avant la pandémie, je faisais un tas d’activités pour me dépenser. De la boxe, de la salsa, du bèlè… Et tout ça dans la même semaine (rires) ! Je travaille pour une grande enseigne qui n’a pas fermé pendant le confinement. Les missions ont été adaptés à la vie sans les clients et on s’est retrouvés entre collègues. J’ai trouvé ca vraiment cool, ca a permis de casser la routine.

As-tu fait face à des difficultés financières ?

Ah non, j’ai même fait des économies monstres ! Tous les mois mon salaire habituel était viré sur mon compte et vu que je suis chez mes parents, je n’avais rien à payer. En plus, tout était fermé donc pas de restau, pas de bars et disons-le, pas de dépenses inutiles !

Es-tu sortie malgré les directives strictes liées au confinement ?

Evidemment ! (rires) Non je plaisante, j’ai un chien donc oui, j’ai pu faire des petites ballades mais dans l’ensemble, j’ai plutôt bien respecté le confinement. Bon, j’avoue, je suis allée dormir chez une copine une fois mais sinon c’est tout.

As tu crée une petite routine depuis le début du confinement ?

Pendant le 1er confinement oui, parce que je n’avais plus cours. Les profs ne s’étaient pas encore organisés. J’avais une routine en béton. Je me levais tôt pour faire du sport, je me couchais tôt et je mangeais équilibré. Pour le second confinement, c’est tout l’inverse qui s’est produit. Je suis trop blasée pour me motiver à faire quoi que ce soit.  

Comment envisages-tu l’avenir ? Quels sont tes projets ?

L’avenir est compliqué ! (rires) Plus sérieusement, j’aimerai m’installer dans un pays étranger. J’en ai marre de vivre chez mes parents et j’ai envie de découvrir d’autres cultures. A l’étranger, je peux être qui je veux et je sais que c’est de ca dont j’ai besoin. Je reste positive : j’espère que dans un an, le Covid sera derrière nous ! 

Quelle est la première chose que tu souhaites faire lorsque ce virus sera enfin maitrisé ?

Prendre un cours de salsa !

Image source : étudiants©Le parisien

Propos recueillis par Océane H

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