Les fausses promesses de Jeff Bezos pour réduire les impacts environnementaux

Amazon détruit la planète. Une étude menée en 2019 par les associations Attac France, les Amis de la Terre et l’Union syndicale Solidaires affirme que “le transport des produits est le premier poste d’émissions que le grand public identifie clairement concernant Amazon.”


©Getty  Images

Que la multinationale de Jeff Bezos occupe une place importante dans la société, on ne peut pas le nier. Mais les dommages environnementaux qu’elle cause emportent sur les avantages apportés à ses clients. Les mesures et les objectifs annoncés par l’entreprise dans le bilan carbone pour faire face à ce problème sont si ambitieux qu’ils semblent irréalisables : atteindre zéro émission nette pour les transports d’ici 2050 et 50 % du transport en zéro émission nette en 2030. Dommage que ce projet n’inclut pas les émissions dues au « first mile delivery » et au « middle mile delivery », c’est à dire le transport des produits depuis la Chine et l’Asie vers les États-Unis et l’Europe, et après jusqu’aux entrepôts de stockage. D’autres éléments sont peu clairs dans le bilan carbone finalement publié par la firme face aux fortes grèves menées par ses salariés. “Le bilan carbone ne précise pas le nombre de trajets que cela représente, la distance moyenne et les modes de transports utilisés (…) On ne sait pas si le calcul prend en compte uniquement les produits vendus directement par Amazon (environ 4,62 milliards)10, les produits non vendus directement mais dont la logistique est prise en charge par Amazon (« fulfillment by Amazon ») ou le transport des 15 milliards de produits vendus sur Amazon chaque année.”

Il est clair que l’engagement de réduire par  deux  les  émissions  de  la  livraison  au dernier kilomètre d’ici 2030 ne repose pas sur  des  projets  et  des  lignes  d’investissements solides.

Impunité fiscale, sociale et environnementale : immersion dans le modèle Amazon

Amazon : un impact climatique dévastateur, publié par AmisdelaTerreFrance

Un autre facteur qui affecte gravement les transports et donc l’environnement est la très appréciée livraison en 24h accessible aux clientes Prime. Certes, ça fait plaisir de recevoir son commande le lendemain, mais les conséquences qu’il entraîne sont alarmantes : “en 2019, la multinationale a opéré 110 vols intérieurs par jour aux États-Unis et 20 en Europe.19 En juillet 2019, Amazon a ainsi transporté 29 % de produits en plus par avion qu’en 2018”. Une augmentation significative de transports pour offrir une livraison rapide. Ce sont des chiffres toujours en constante augmentation qui devraient faire réfléchir. Devant ces faits, Jeff Bezos répond en déclarant que lorsqu’ils auront construit assez d’entrepôts locaux de stockage, le transport aérien diminuera. Mais encore une fois, il ne mentionne pas les indispensables et déjà cités « first mile delivery » et « middle mile delivery ».  

Même la promesse de 100 000 camionnettes électriques ne réconfort pas si on considère que seulement en France “il faut déjà plus de 20 000 camionnettes électriques par jour” et qu’aux États-Unis “il faut plus de 700 000 véhicules électriques pour faire une livraison dernier kilomètre entièrement électrique. Que 100 000 utilitaires électriques ne soient pas suffisants est tout à fait évident, mais ça ce n’est pas la dernière mesure peu efficace que propose l’entrepreneur. Il a aussi annoncé un projet de reforestation pour combattre les émissions gaz. Une solution déjà proposée par d’autres multinationaux comme Air France et H&M et que finalement c’est révélée. Il a été largement démontré que planter des arbres, dans ces cas, plus qu’apporter du bien crée des véritables catastrophes. Comme indiqué toujours dans le rapport Impunité fiscale, sociale et environnementale : immersion dans le modèle Amazon, “l’actualité des derniers mois confirme par ailleurs le danger de miser uniquement sur la reforestation pour lutter contre le changement climatique. Les incendies en Sibérie, en Afrique centrale et en Amazonie ont relâché dans l’atmosphère une énorme quantité de CO2 et démontrent les faiblesses d’une telle stratégie. ”

Un pompier se bat contre les flammes en Californie le 9 novembre 2018. 
©Noah Berger

Ce que cette étude et le bilan carbone montrent clairement est que Jeff Bezos ne semble pas prendre trop sérieusement son engagement pour lutter contre le changement climatique. Chaque initiative proposée manque d’efficacité et presque de logique. Il est évident : il préfère sauvegarder ses propres intérêts économiques plutôt que la planète sur laquelle nous vivons.

Patricia Boateng

Source : https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/nouveau-rapport-impunite-fiscale-sociale-et-environnementale-immersion-dans-le

1 comment

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

%d bloggers like this: