Il était une fois Amazon, l’entreprise qui surexploitait ses employés

N°1 de la vente en ligne, la société américaine permet de répondre aux besoins du nouveau consommateur. Tout cela au détriment de salariés stressés, pistés et dans la précarité. 

Juillet 1994. Le commerce en ligne est de plus en plus populaire. Jeff Bezos a 30 ans. C’est un entrepreneur extrêmement ambitieux. Il s’installe à Seattle et lance Amazon.com. Son but est d’en faire la plus grande librairie virtuelle au monde. Un mois plus tard, Amazon envoie des livres dans plus de 40 pays. Très vite, la société se diversifie et ajoute à son catalogue tous types de produits. De la boîte de pâtes à la dernière liseuse Kindle, il est possible de tout trouver sur Amazon. Le choix s’y étend de A à Z (d’où la flèche orange dans le logo). Aujourd’hui, Amazon est la plus grande multinationale du monde avec 865 milliards de capitalisation boursière. Elle se trouve en position dominante sur le secteur de la vente en ligne. 

La croissance fulgurante d’Amazon s’est traduite par l’implantation de succursales partout dans le monde. L’entreprise est présente en France depuis 2000. À ce jour, il existe 6 sites logistiques : à Saran (Loiret), à Montélimar (Drôme), à Chalon sur Saône (Saône et Loire), à Lauwin-Planque (Nord), à Boves (Somme) et à Brétigny-sur-Orge (Essonne). L’entreprise compte aussi des agences de livraison et des centres de tri. La présence de ces sites garantit à l’acheteur un traitement rapide de sa commande. Grâce aux nombreux outils de la plateforme, ce dernier peut suivre son colis, le renvoyer, l’échanger…tout cela en un temps record. Depuis 2008, il est même possible de se faire livrer en 24h, voire le soir même avec Amazon Premium.

Dans un rapport de 2019 intitulé « Impunité fiscale, sociale, environnementale : immersion dans le modèle Amazon », Attac France, les Amis de la Terre et l’Union syndicale Solidaires s’en prennent au géant Amazon. Ils dénoncent les pratiques illégitimes de la multinationale. Ces pratiques ont des conséquences dramatiques d’un point de vue fiscal, économique, écologique et social. 

Attac attaque Amazon, résumé en 2min20. ©Attac Play via Vimeo

Les révélations qui y sont faites sont glaçantes, notamment sur les conditions de travail dans les entrepôts. Afin de satisfaire au maximum les attentes des clients, les employés se doivent d’être rapides et efficaces dans la préparation des commandes. Elles peuvent contenir un à plusieurs articles, et ceux-ci ne sont pas tous placés au même endroit dans l’entrepôt. Alors les employés se retrouvent à courir dans tous les sens, faisant des dizaines et des dizaines de kilomètres par jour. Et ce n’est pas pour autant qu’ils bénéficient de plus de temps de pause ! Par conséquent, « les corps souffrent et les salarié.e.s atteint.e.s de troubles musculo-squelettiques et de maladies professionnelles sont nombreuses et nombreux au sein d’Amazon. Les syndromes d’épuisement, les accidents du travail et les licenciements pour inaptitude sont fréquents. » (Attac France) De plus, on apprend que les salariés sont surveillés. Avant de se mettre au travail, ils doivent s’équiper d’un bracelet électronique permettant de détecter tous les mouvements réalisés au cours de la journée. À la fin de celle-ci, ils s’entretiennent avec la hiérarchie et voient si l’objectif assigné a été atteint. Ces conditions de travail sont affreusement anxiogènes. Mais malheureusement, certains n’ont pas le choix. 

Attac rapporte que la moitié des effectifs des entrepôts d’Amazon est constituée d’intérimaires. Ils sont nombreux à être engagés durant les périodes de fêtes. Ils se démènent dans les allées de l’entrepôt et à la fin de leur mission, leur contrat n’est pas renouvelé. Beaucoup tombent dans la précarité et doivent alors chercher du travail ailleurs. S’ajoute à cela le phénomène de robotisation qui pourrait amener la multinationale à supprimer des emplois. Alors, faut-il arrêter Amazon avant qu’il ne soit trop tard ? 

L’esclavage moderne chez Amazon. ©Man, dessinateur de presse et caricaturiste

Alexia Lam

Image à la une : Un des sites logistiques d’Amazon. ©Olivier Arandel

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