Amazon : l’entreprise ennemie public numéro 1 de l’environnement

Entre production massive de produits en tout genre, surconsommation hallucinante et gaspillage à tout va, le géant du e-commerce est bien loin d’être un exemple à suivre en termes d’écologie. Dans une société gouvernée par la mondialisation économique et les échanges commerciaux, les méthodes de l’entreprise ont malheureusement de très lourdes conséquences sur notre planète.  

Jeff Bezos avait flairé la bonne affaire. Avec plus de 15 milliards de produits vendus dans le monde chaque année, Amazon est de loin le leader de la vente en ligne. Créée en 1994, sa valeur boursière atteint désormais les 865 milliards de dollars. Avec ses 1,2 million de salariés, elle devient ainsi le troisième employeur de la planète. Si Amazon est le produit même d’une mondialisation accrue, à la consommation débridée, elle interroge fortement par ses pratiques pas vraiment soucieuses des enjeux environnementaux actuels.  

©amazonsoldelaplanete.org – Jeff Bezos ©Paolo Calleri

Attac France, les Amis de la Terre et l’Union syndicale Solidaires sont sur le qui-vive. En effet, ces ONG ont publié un rapport pour dénoncer l’impact fiscal, social et environnemental d’Amazon, qui défraie la chronique. Amazon est l’archétype même de l’entreprise multi-mondiale toute puissante : sans scrupule, elle s’affranchit des règles les plus élémentaires. Évasion fiscale massive, salarié.e.s sous surveillance ou encore émission de 55,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre en 2018… Amazon n’en fait qu’à sa guise et va même jusqu’à dissimuler ou mentir quant à son empreinte environnementale.   

Amazon solde la planète ©AmisdelaTerreFrance

Dans le rapport publié par les différentes ONG, celles-ci s’accordent sur le fait que “Le monde selon Amazon n’est pas viable”. En effet, selon leurs calculs, Amazon produirait autant d’émissions de gaz à effet de serre que le Portugal.  Des chiffres tout simplement édifiants. Si la société a fièrement annoncé mettre en place des dispositifs afin de limiter ses impacts sur la planète, nous pouvons largement nous questionner sur ces derniers. Amazon promet par exemple que la “neutralité carbone” sera atteinte en 2040 et non en 2050. L’achat de 100 000 camionnettes électriques est aussi en prévision. Cela paraît totalement dérisoire quand l’on sait qu’en France, l’entreprise utilise plus de 20 000 camionnettes par jour. La firme a également communiqué qu’en 2030, l’approvisionnement de ses installations se ferait avec 100% d’énergies renouvelables. Beaucoup de promesses qui semblent de manière générale que très peu réalisables ou minimes quant à leur impact colossal.   

De plus, les pratiques d’Amazon sont très régulièrement pointées du doigt. Tout d’abord pour la pollution engendrée par le transport de leurs produits. Que ce soit par voie aérienne, maritime ou terrestre, les va-et-vient sont incessants. Ayons en tête que le transport des marchandises par avion émet 6 à 7 fois plus de gaz à effet de serre que par camion. Or, avec des services de livraison toujours plus rapides, notamment avec l’abonnement Prime (livraison sous 24h), l’année dernière Amazon a ainsi transporté 29% de produits en plus par avion qu’en 2018. Ajoutons à cela un gaspillage massif. En une année, c’est plus de 3 millions d’articles neufs qui ont été détruits en France. Et pour cause ? Un système de facturation de stockage des produits exorbitant. En plus de dissuader les vendeurs de renvoyer leurs invendus (prix très élevé), le coût du stockage augmente avec le temps.  

Avec l’explosion du big data, le géant du e-commerce doit stocker ses données dans des centres informatiques. Ces centres consomment à eux seuls, environ 1% de l’électricité mondiale. Cela équivaut à la consommation de pays comme la Thaïlande ou la Pologne ! Si toutes les entreprises vivaient à la même allure qu’Amazon, la planète n’existerait déjà plus.  

Comme toutes les multinationales, Amazon ne peut plus se permettre d’ignorer les questions environnementales. Face au cercle vicieux d’une surconsommation toujours plus importante, il est désormais capital pour Amazon de prendre en compte l’urgence de la situation. Les installations annoncées ne suffiront malheureusement pas à combler l’empreinte néfaste déjà laissée. Il est grand temps qu’Amazon se réveille et que les Etats resserrent la vis afin que la firme respecte enfin les règles les plus élémentaires. 

Des partisans de l’association Les Amis de la Terre dénonçant le rôle d’Amazon dans le changement climatique  © BAPTISTE SOUBRA 

Zoya P

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