Amazon et l’environnement : une histoire d’amour impossible

Surexploitation du transport aérien, destruction de millions d’invendus, et un flou constant sur ses futurs plans environnementaux : la multinationale est incontestablement un ennemi du climat. 

Amazon avait pourtant tenté de redorer son image de marque. L’entreprise avait notamment annoncé le passage au 100% renouvelable d’ici 2030 concernant l’énergie nécessaire à ses installations. Mais dans un rapport réalisé il y déjà un an, l’association Attac a dénoncé l’impact environnemental grandissant du géant de la distribution en ligne. Parmi les branches les plus polluantes de la firme, la fabrication de produits et leur acheminement en sont deux non négligeables. 

En cause, son modèle commercial. Amazon tire principalement son profit d’une production de masse. Le tout, pour réaliser constamment plus de ventes et entraîner une baisse des prix. Ce résultat est obtenu en particulier grâce au processus de délocalisation de la production. Bien qu’elle soit attractive pour les consommateurs, cette flambée des prix n’est pas sans conséquence. Ce sont ainsi les concurrents de la multinationale qui sont forcés de réduire leurs propres prix pour rester dans la course. Ce dumping est la stratégie qui a permis à Amazon d’être et de rester la première capitalisation boursière au monde. Pour combler ses pertes marginales, elle emploie diverses méthodes. Et le non-respect du droit environnemental des pays de production en est une principale. 

Cette stratégie économique repose aussi sur l’offre d’un large choix de biens. Des centaines de millions d’articles sont ainsi trouvables au sein du catalogue de la société. De cette manière, elle a vendu autour de 15 milliards de produits rien qu’en 2018. Pour ne rien arranger, notez que depuis une trentaine d’années, les prix des produits textiles et électroniques sont en constante baisse. Cette chute des prix pousse les fabricants à confectionner davantage de biens. Par conséquent, la production de vêtements a doublé au cours de cette période. Et on observe le même processus pour la production d’électronique. 

Branche nîmoise de l’association Attac menant une action contre Amazon ©Corentin Corger

De ce fait, les industries du textile et de l’électronique font aujourd’hui partie des plus émettrices de gaz à effet de serre. Dans le même temps, Amazon est le premier distributeur de produits électroniques aux États-Unis, en Allemagne mais aussi au Royaume-Uni. Quant aux produits textiles, le géant est le premier distributeur en ligne en France et le deuxième aux États-Unis.  

Cette fièvre de la consommation engendre cependant des millions d’invendus. Il y a deux ans, ce sont 3 millions de produits qui avaient été détruits par Amazon France. Mais l’hexagone n’est pas le seul pays agissant de cette manière. En Allemagne et au Royaume-Uni, Greenpeace a évalué à 30% les retours clients qui ont fini à la poubelle. Ce traitement évite comme cela des pertes liées au reconditionnement et au remballage de produits. 

L’hégémonie d’Amazon repose aussi sur sa politique de transport. Les révolutions survenues ces dernières années ont permis de proposer à l’importation des produits aux particuliers et plus seulement aux grossistes. ll n’est donc plus nécessaire de commander en grosses quantités ni de faire appel à des distributeurs. Amazon mais aussi son homologue chinois Alibaba.com sont les initiateurs de ce système. L’offre dont il est ici question met alors directement en contact fabricants et consommateurs. Ce fonctionnement est la cause d’une surproduction et de fait, d’une surconsommation. 

Manifestation contre l’implantation d’un entrepôt Amazon, à Augny, près de Metz, en janvier 2020. ©AFP

La firme se rend aussi attractive pour ses clients grâce à ses prestations de livraison rapide. Aux États-Unis, 62% des clients du leader de la vente en ligne sont des membres Amazon Prime. Ils représentaient à eux seuls la commande de 6,16 milliards de produits en 2018. Le caractère payant d’Amazon Prime pousse ses détenteurs à la consommation pour rentabiliser au mieux cet abonnement. En plus d’une surconsommation, le service offre un système de livraison à vitesse grand V, à l’origine de l’acheminement des marchandises par voie aérienne au détriment des voies maritimes. 

Face à ce comportement destructeur pour la planète, des centaines de salariés Amazon aux États-Unis se sont mis en grève. Ce mouvement a notamment permis d’obtenir quelques avancées. L’entreprise a finalement annoncé que la “neutralité carbone” serait atteinte en 2040 au lieu de 2050, et qu’elle commanderait 100000 camionnettes électriques. Une goutte d’eau dans l’océan. 

LPJ

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