“Si je ne pouvais pas écrire, je préférerais mourir”

Chimamanda Ngozi Adichie : l’une des icônes féministes plus célèbres au monde, activiste et écrivaine de succès 

Chimamanda Ngozi Adichie
©premium times

Ma mère dit que j’ai commencé à lire à l’âge de deux ans, même si je pense que l’âge de quatre ans est plus conforme à la vérité. J’étais donc une lectrice précoce” révèle Chimamanda Adichie lors de son discours TEDx en 2009. Un amour, celui pour les livres, né dès le plus jeune âge et qui a caractérisé toute sa vie. Elle affirme aussi, en effet, qu’écrire : « c’est ma raison de vivre ». De toute façon, elle est connue pour être plus qu’une écrivaine. On la considère comme l’une des femmes les plus célèbres du féminisme international. À travers ses conférences et ses romans, effectivement, elle montre constamment son engagement pour l’égalité entre femmes et hommes.

Née à Enugu au Nigeria le 15 septembre 1977, elle grandit dans la ville universitaire de Nsukka. Son père était professeur de statistiques à l’Université du Nigeria et sa mère travaillait en tant qu’administrateur du bureau de la scolarité. A l’âge de 19 ans, après avoir commencé ses études, elle prend la décision de quitter son pays pour poursuivre son rêve : devenir écrivaine. Elle part donc aux États-Unis et rejoint l’Université de Philadelphie en 1996, où elle étudie communication et sciences politiques. C’est pendant cette période qu’elle se confronte à une nouvelle réalité. “J’ai découvert la notion de race aux États-Unis. Au Nigeria, je ne m’étais jamais dit que j’étais noire, mais c’est en arrivant aux États-Unis que je le suis devenue” affirme-t-elle. Son vécu marque profondément ses œuvres qui abordent thèmes comme la couleur de la peau, le féminisme, l’identité et l’immigration.  

Un exemple est un de ses best-seller, Americanah, dans lequel elle raconte l’histoire d’une jeune nigériane qui part étudier aux États-Unis et découvre ce qu’est le racisme. C’est un romain qui rencontre un véritable succès se vendant à plus de 500 000 exemplaires dans le monde entier. Le New York Times Book Review l’a sélectionné comme l’un des meilleurs livres du 2013. Ses autres romans ont connu le même succès. L’hibiscus pourpre, sa première œuvre publiée en 2003, figure dans la catégorie de “Meilleur premier livre” du Commonwealth Writers’ Prize tandis que l’Autre Moitié du soleil a été classé comme un des meilleurs romans du 21 siècle et a reçu l’Orange Prize.

Peut-être que pas tout le monde sait qu’elle est l’oratrice de la conférence nommée Nous sommes tous des féministes (We should all be feminists) délivré au public de TEDx Talk en 2013. Un discours dans lequel elle touche, parfois avec humeur, le thème du féminisme et ses clichés. “D’après un journaliste, (il fallait) éviter à tout prix de me présenter de la sorte (comme féministe) car les féministes sont malheureuses, faute de pouvoir trouver un mari. Cela m’a incitée à me présenter comme une Féministe Heureuse. Puis une universitaire nigériane m’a expliqué que le féminisme ne faisait pas partie de notre culture, que le féminisme n’était pas africain, et que c’était sous l’influence des livres occidentaux que je me présentais comme féministe. (…) Puisque le féminisme n’était pas africain, j’ai décidé de me présenter comme une Féministe Africaine Heureuse” déclare-t-elle. Ce brillant discours est devenu viral et à ce jour il atteint plus de 6 millions de vues. Partie de son succès est dû aussi à la chanteuse Beyoncé qui a repris les mots de Chimamanda dans sa chanson Flawless : Tu peux avoir de l’ambition, mais pas trop. Tu dois réussir, mais pas trop, sinon tu seras une menace pour les hommes. Parce que je suis une femme, on attend de moi que j’ai envie de me marier. On attend de moi de faire des choix mais de garder en tête que le mariage est ce qu’il y a de plus important (…) Mais pourquoi on nous apprend à aspirer au mariage et nous n’enseignons pas la même chose aux hommes ?”


Chimamanda Adichie partage une histoire personnelle au Global Malaria Summit à Londres
©Twitter

Toutefois, celui du féminisme n’est pas le seul combat qu’elle mène. “Avec mon éditeur nigérian, nous avons lancé une ONG qui s’appelle Farafina Trust. Nous rêvons de construire des bibliothèques et de rénover celles qui existent déjà. Nous allons fournir des livres aux écoles gouvernementales qui n’ont rien dans leurs bibliothèques”.

En 2020 la notoriété de Chimamanda Ngozi Adichie ne cesse de croître. Elle est nommée en janvier l’une des 20 femmes qui “façonneront” l’année 2020 et en février “Woman of the decade” par ThisDay Newspapers.

Patricia Boateng

3 comments

      1. J’ai envoyé un de ses TedTalks à mes enfants. J’étais surprise quand mes deux filles m’ont répondu disant qu’elles l’avaient déjà regardé à plusieurs reprises à l’école. Je suis la dernière d’être au courant. 😃

        Liked by 1 person

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

%d bloggers like this: