Frida kahlo : une reconnaissance méritée

Les oeuvres de la peintre mexicaine au mono-sourcil sont encore exposées en 2020. L’icône féministe a mené une vie douloureuse mais n’a pas cessé de se battre. Retour sur sa vie et ses peintures.

Magdalena Carmen Frida Kahlo est née en 1907 au Mexique d’un père immigré allemand et d’une mère mexicaine originaire d’Inde. Son père, Wihlhem Kahlo, lui ouvrira les portes du monde de la peinture. Parmi ses trois soeurs, Frida Kahlo était la préférée de son papa, avec qui elle maintenait une relation très proche. À l’inverse, elle entretenait une relation méprisante avec sa maman, Matilde Calderon, qui sombrait dans la dépression. À l’âge de 6 ans, la peintre mexicaine est atteinte de la poliomyélite, maladie très contagieuse qui l’entrainera dans une paralysie irréversible. De plus, quelques mois plus tard, un accident de bus à la sortie de l’école lui brisa sa colonne vertébrale et déchira son vagin. Elle sera également contrainte de se faire amputer le pied des années plus tard. Cette période fut très sombre pour l’artiste, qui resta des mois au lit à la campagne. Frida Kahlo trouva refuge dans la peinture et y refléta sa vie, qui à cette époque était particulièrement obscur. Dans ses oeuvres apparaissait sa colère contre le bouleversement social de la Révolution Mexicaine (1910-1917). En effet, sa famille sombra dans la pauvreté à cause des nombreux coups d’État et conflits militaires de l’époque. Francisco Madero déclencha cette révolution par son appel à une insurrection contre la réélection du dictateur Porfirio Díaz à la présidence. Les tableaux de Frida Kahlo reflétaient son activisme et mêlaient vie et mort. L’artiste peignait surtout des auto-portraits : « Je n’ai pas peint mes rêves, j’ai peint ma réalité » s’exprima Frida.

Peinture La Colonne Brisée de Frida Kahlo, 1944.

Frida Kahlo était blanche de peau et ses cheveux noirs. Son duvet au dessus de sa bouche et son mono-sourcil la caractérisaient physiquement. La peintre valorisait ces traits en les peignant sur la plupart de ses auto-portraits. Elle déclarait même : « Je suis ma propre muse. Le sujet que je connais le mieux. Le sujet que je souhaite le mieux connaître ». L’artiste refusait de se soumettre à l’idéal beauté de l’époque ainsi qu’aux conventions. De nombreuses personnes associent son mono-sourcil au symbole de son féminisme et anticonformisme. En effet, Frida Kahlo était très engagée dans la cause du féminisme et dans l’émancipation des femmes dans la société mexicaine de l’époque, très machiste. Elle dénonçait également l’exclusion des arts féminins et incarnait la liberté féminine et sexuelle à travers ses oeuvres et sa bisexualité. Le poète et écrivain français André Breton définissait son art comme « un ruban noué autour d’une bombe ». L’artiste engagée a survécu à la déchéance de son corps grâce à ses peintures, mais également grâce à sa relation volcanique avec Diego Rivera : « J’ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m’en empêche. »

Diego Rivera et Frida Kahlo. ©Bettmann / Getty Images

Frida Kahlo rencontra cet artiste, mondialement connu pour ses peintures murales, en 1928, dans l’auditorium de son école. Elle présenta ses peintures à Diego Rivera, qui fut impressionné par son talent. Les deux artistes ont vécu une relation amoureuse pleine d’embûches, malgré leur amour passionnel. Frida Kahlo était une femme torturée et redoutait l’abandon à cause de son père qui changeait souvent de comportement en raison de ses crises d’épilepsie. Néanmoins, elle se maria avec Diego en août 1929 et le couple s’installa au Mexique, dans un atelier-studio. L’architecte Juan O’Gorman construisit les deux maisons-studio des artistes en combinant un style fonctionnel et moderne. La façade de la maison de Frida était d’un azur éclatant tandis que Diego opta pour une peinture rouge vif. Une passerelle reliait leurs maisons, reflétant leur vie à la fois partagée et séparée. 

La maison-atelier de Diego Rivera et Frida Kahlo à Mexico. ©Getty Images

Frida Kahlo meurt d’une embolie pulmonaire en juillet 1954 à Coyoacán dans son pays d’origine. Cette artiste engagée restera une icône mondialement reconnue pour ses oeuvres uniques et son activisme exemplaire.

Luna Perruchi

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