David Fincher le touche-à-tout

Après une dizaine de longs-métrages à son actif, la sortie française de son dernier film Mank a eu lieu ce vendredi 4 décembre directement sur la plateforme Netflix.

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais vous avez très sûrement dû voir certaines de ses œuvres. Pour les cinéphiles, Fincher est souvent considéré comme un des réalisateurs les plus perfectionnistes que l’on ait connus. L’homme au bouc est aussi largement réputé pour son univers sombre et les thèmes obscurs qu’il aborde opposant le bien et le mal et jouant souvent avec la morale. Sa nature exigeante lui a permis de présenter des films avec une très grande qualité visuelle.

David Fincher est né le 28 août 1962 à Denver dans le Colorado, d’une mère infirmière et d’un père journaliste. Il est connu pour avoir adapté à l’écran Fight Club (1999) ou encore L’étrange histoire de Benjamin Button (2008). C’est cependant le film Seven qui fut un véritable succès au box office et de la part des critiques. Sorti en 1995, le thriller met en scène deux détectives traquant un tueur en série qui se base sur les sept péchés capitaux. Ce long-métrage lui a alors conféré le statut de réalisateur prometteur. Il établit généralement ses scénarios à partir de livres ou d’histoires vraies. A ce propos, il s’est confié sur ce choix en précisant que «faire un film provoque de l’angoisse et beaucoup de nœuds à l’estomac, surtout pour les studios. Alors ça les rassure d’acheter des best-sellers et de se dire qu’une histoire a du potentiel parce qu’elle a déjà accroché un nombre considérable de lecteurs

Ben Affleck et David Fincher sur le tournage de Gone Girl (20th Century Fox/AlloCine) 

Mais Fincher ne s’est pas arrêté là. En 2010, il sort The social network qui retrace l’histoire de la création de Facebook. L’année suivante, il reçoit le BAFTA et le Golden Globe du meilleur réalisateur mais aussi un César pour le meilleur film étranger. Dès 2013 il s’essaye aux séries et produit l’emblématique série politique House of Cards. La réalisation des deux premiers épisodes lui a ainsi valu son tout premier Emmy Award. En 2014, il adapte le roman de Gillian Flynn, Gone girl, qui réalise 1 904 894 entrées rien que dans l’hexagone. On y retrouve encore une fois son univers sombre et un visuel finement travaillé.

Fincher est célèbre pour son sens aigu de la précision. Il n’hésite pas à tourner une même scène plus d’une cinquantaine de fois, et ce, même si elle n’aura qu’une place mineure. En 2014, il se justifiait en affirmant que «certaines personnes disent qu’il y a des millions de façon de filmer une scène. Je ne pense pas, peut-être deux ou trois façons. Toutes les autres sont fausses.» D’ailleurs, si les scènes obtenues ne lui conviennent pas, il ne voit aucun problème à les supprimer. Sa minutie nous pousse à le comparer à d’autres grands cinéastes comme Christopher Nolan ou encore Stanley Kubrick. Avec ses réalisations, il touche un public large et varié. Toutefois, Fincher n’a pas tout de suite commencé sa carrière en s’attaquant à des longs-métrages.

David Fincher s’est passionné pour le cinéma dès le plus jeune âge. Il a passé son enfance à San Anselmo en Californie avec pour voisin le célèbre Georges Lucas. C’est d’ailleurs ce dernier qui lui a permis d’intégrer la société d’effets spéciaux Industrial Light & Magic (ILM). Il y a ainsi travaillé en tant que technicien des effets spéciaux sur les films Star Wars, épisode VI : Le Retour du Jedi ou encore Indiana Jones et le Temple maudit.

Il quitte ILM en 1984 et commence à se consacrer à la réalisation de publicités. Il a ainsi travaillé pour diverses grandes marques comme Nike, Coca-Cola ou encore Levi’s. Fort de ces expériences, il fonde en 1986 sa société de production Propaganda Films en compagnie d’autres producteurs et réalisateurs.

Très rapidement, tout cela le mène à tourner des vidéoclips pour différentes stars au cours des années 80 & 90. Il a notamment travaillé avec Madonna pour les chansons «Vogue» ou «Express yourself», ou avec Sting pour «Englishman in New York». En 2013, il a même accepté de réaliser «Suit and Tie» de Justin Timberlake et Jay-z. Au total, il se cache derrière une cinquantaine de clips vidéo. Tous sont marqués par son style avec des décors soignés et un travail précis des plans. C’est à la suite de tout cela qu’il s’est lancé dans les réalisations cinématographiques dès 1992 avec le troisième opus de Alien.

 David Fincher et Gary Oldman sur le tournage de Mank © NETFLIX

Cette année, et 6 ans après son dernier film, il revient avec un long-métrage qui lui est cher. Mank, qui suit la vie du scénariste du célèbre Citizen Kane, est l’adaptation d’un scénario écrit par son père mais dont les studios n’ont jamais voulu. Le film reprend les codes de réalisation des années 40 et est entièrement en noir et blanc. C’est ainsi grâce à la plateforme Netflix que Fincher a enfin pu réaliser ce rêve : écrire une nouvelle page de son histoire familiale et cinématographique.

LPJ

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