Basquiat: L’enfant à l’image de l’amerique

Si l’artiste fait désormais incontestablement partie de la culture populaire, son travail lui fait malheureusement toujours échos à des problèmes sociaux d’actualité.

Plus de trente ans après sa mort, Basquiat continu de piquer au vif. De son prénom Jean-Michel, l’artiste voit le jour 22 décembre 1960 à New York. D’un père haïtien-américain et d’une mère portoricaine, sa vie sera à l’image de ses racines, ambivalente. C’est en 1968, à l’âge de sept ans que celle-ci prend une tournure tragique. Alors qu’il joue dans la rue il est renversé par une voiture. Cloué sur un lit d’hôpital, c’est l’ouvrage illustré Grey’s Anatomy qui lui tiendra compagnie pendant sa convalescence. C’est l’œuvre qui l’influencera le plus. Dès sa sortie de l’hôpital s’ensuit une série d’évènements perturbant pour le jeune garçon. Le divorce de ses parents, quatre années passées à Porto Rico avec son père et l’internement de sa mère.

À 15 ans, il décide de fuguer et de vivre dans les rues de New York. C’est au même moment que l’inscription SAMO© apparait. Des portes d’entrées aux rames de métro les graffitis percutants signé SAMO© remplissent la ville. Qui est-il? Pendant plusieurs années le mystère demeure. Jusqu’en 1979 ou Jean Michel apparait sur écran, levant le voile sur l’anonymat du graffeur en vogue. Dès la nouvelles diffusée, l’artiste proclame la mort de son alter ego et signe sous son vrai nom Basquiat. 

Jean-Michel Basquiat Florence, Italy August 1985, 1985
McCaig-Welles

Si l’artiste peint, dessine et crée sur plusieurs médiums, ses inspirations sont à son image : multiculturelles. Des bandes dessinées de son enfance et leur héros à l’artiste Handy Warhol, tout y passe. En appartenant au courant néo-expressionniste, l’artiste peint de traits enfantin et d’une naïveté fulgurante. Chaque coup de pinceau est réfléchi, chaque mot écrit reflète la pensée de son auteur même une fois rayé.

Jean-Michel Basquiat / Irony of the Negro Policeman / Acrylique sur toile /Collection particulière / 1981.

C’est d’ailleurs sur les questions raciales qu’il s’attarde le plus. En peignant un noir américain en policier, il interroge l’identité même de l’individus. Sa propre identité également. A la fois descendant d’esclave et d’esclavagiste. Néanmoins sa couleur de peau ne le trompe pas, il est noir et opprimé ; comme toute personne de couleur vivant à son époque. L’histoire à travers l’abstrait est alors l’arme dont il se sert pour montrer et juger sans jamais représenter. Il se joue ainsi de l’art ( et de ses codes ) qui est adressé par et pour les blancs.  

Peu après le décès de son idole et ami Warhol en 1988, Jean Michel Basquiat rejoint à son tour le club des 27 (liste de stars décédé à 27 ans). L’artiste succombe le 22 aout de la même année à une overdose d’héroïne. En s’éteignant, il laisse derrière lui plus de 2000 œuvres dont l’une vendues à 110 millions de dollars en 2017. 

Sa mort, bien que liée à sa consommation excessive de stupéfiant n’en reste pas moins une marque: Celle d’une Amérique déchirée par sa propre histoire. 

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