YvesKlein : “la peinture ce n’est pas la ligne, c’est la couleur”

Yves Klein réalisant une peinture avec du feu (1962). ©Artsper Magazine

Une vie coloré qui finit en tragédie. L’artiste français n’as pas eu le choix, il avait un seul destin.

Bercé par le Mistral, Yves Klein est né le 28 avril 1928 à Nice. Il était une création d ‘artistes, l’enfant unique de Marie Raymond et Fred Klein, un couple de peintres de la bourgeoisie de la Côte d’Azur. Dans son adolescence, peut-être pour contredire, il avait décidé de se tenir à distance du monde de ses parents et s’est intéressé au sport. Ainsi, il a pratiqué le judo à un niveau professionnel. Néanmoins, son destin été autre, sa nature sensible et son éducation au sein d’un foyer lié à l’art ont fait de lui une figure majeure de la scène artistique européenne.

L’artiste a eu une enfance « rêvée », d’après Daniel Moquay, directeur des archives Klein. Puisque ses deux parents artistes ne pratiquaient pas une éducation directive ou restructurée, il aurait gardé un côté d’enfant capricieux. « S’il disait ‘je vais marcher sur la Lune, la mère était tout à fait d’accord pour tenir l’échelle », raconte Moquay.

Même si son enfance était belle, il n’était pas un étudiant brillant. Le jeune Klein n’a pas eu son bac. Toutefois, il a fait l’École Supérieure de Navigation. “Il avait plein d’idées et il portait naturellement la casquette de capitain. Il avait tout un tas de gens autour de lui qui le suivaient”, dit Moquay.

À 25 ans, Il est parti au Japon pour pratiquer le judo. Cette pratique constituait pour lui une sorte de méditation. Dans le pays asiatique il avait connecté avec sa spiritualité, ce qu’est devenue l’un de ses intérêts le plus fort. Croyant, Klein était catholique. Cependant, au Japon il a découvert le Shintoïsme et a été attiré par l’ésotérisme. C’est ainsi que Klein a commencé à suivre des cours de la société rosicrucian par correspondance.

Découvrez plus sur l’histoire de Yves Klein.

Nicolas Bourriaud, directeur de l’école des Beaux-Arts de Paris pense qu’il a trouvé dans l’ésotérisme rosicrucian des confirmations. Pour Bourriaud, tout l’univers de l’artiste été un syncrétisme dans lequel se mêlaient la philosophie, la Rose-Croix et le judo. C’est à dire des influences extrêmement diverses.

« Sa pensée syncrétique n’était qu’une volonté d’échapper des canons de la pensée de son époque », selon Bourriaud. Il explique ça par le contexte dans lequel a vécu l’artiste : la vie de l’après-guerre. Au Japon, qui avait été très touché par la tragédie de Nagasaki, et en Europe, qui prenait une bouchée d’air frais après les conflits.

Ses compétitions de judo ont amené Klein a visiter d’autres pays. En découvrant ces nouveaux endroits, il commencerait aussi à explorer son côté artistique. En 1954, à Madrid, Klein a réalisé une publication avant que ses activités de peinture soient connues. Selon l’auteur Denys Riout, cette publication anticipait les monochromes pour lesquels l’artiste serait connu. Il s’agissait d’une rétrospective, “une sorte de catalogue d’une exposition qui n’avait pas encore eu lieu”, rappelle Riout. Klein l’avait nommé : “Yves peinture : 10 planches en couleur, préface de Pascale Claude”.

La publication était composée de monohromes jaunes, rouges et bleu royal. Pour Riout, ces monochromes ont permis à Klein de ne pas choisir entre ses parents. Sa mère étant peintre abstrait et son père étant peintre figuratif. En se centrant dans la couleur unique, ses créations l’ont permis de se démarquer et l’ont convertie en père de la monochromie.

Il n’a pas été le premier à faire du monochrome. Par contre, il était le seul à l’avoir nommé ainsi. En effet, d’après l’artiste Jacques Villeglé, il était le premier à utiliser ce concept. De même, Klein a été le premier artiste à travailler exclusivement une seule couleur.

La couleur IKB, International Klein Bleu, a été sa création. Il s’agit d’un bleu outremer, profond et infini, comme la mer et le ciel, qu’il avait breveté en 1960. Nicolas Bourriaud, qualifie cette couleur de hypnotique : “tous les petits grains de pigment sont indépendants les uns des autres”, dit lui. Cet effet est donné par le fixatif du pigment et la technique de Klein. L’artiste n’ écrasait pas la peinture et laissait rayonner les pigments, laissant les atomes de la formule libre : “comme des pixels ».

Comme des pixels, ou comme des cendres. Tel que sa phrase celebres : “mes tableaux ne sont pas que les cendres de mon âme”. Son âme s’est éteinte telle que la lumière d’une étoile filante. Yves Klein est mort en 1962 d’une crise cardiaque. Sa carrière était à son paroxysme et son épouse portait encore leur enfant dans son ventre.

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