ÉTÉ 85: LE REMAKE DE « CALL ME BY YOUR NAME » VERSION FRENCH TOUCH

Le film tant attendu de Francois Ozon après son dernier succès avec «Grâce à Dieu» est sorti le 14 juillet dernier.
«L’attente était immense autour du film, espéré comme un « Call me by your name » à la française.» 
Mais l’essence même d’un film n’est-elle pas d’être unique? 
Ce film avait de grandes espérances, mais n’a pas su être à la hauteur.
Parfois il vaut mieux rester sur un succès.

Il s’agit de l’adaptation du roman « La Danse du coucou » d’Aidan Chambers par François Ozon, réalisateur très connu dans le métier.
En effet, il a été cinq fois nommé au César du meilleur film et du meilleur réalisateur.
Le film décrit l’été 1985 en Normandie. Alexis âgé de seize ans, jeune garçon qui est hanté par la mort, fait une sortie en mer et tombe à l’eau, il est sauvé  héroïquement de la noyade par David, âgé de dix-huit ans.  Après cela, une histoire d’amour tumultueuse va se créer entre ces deux garçons.  L’histoire « d’amour tumultueuse » entre Alexis et David ressemble beaucoup à celle de Elio et Oliver dans « Call me by your name », même époque, même genre de relation. 
Coïncidence ou imitation à la française ?
Autre grande ressemblance mais cette fois-ci avec un autre film: « La Boum» datant de 1980, avec la fameuse scène des écouteurs, qui à vrai dire, est un vrai copié collé.
C’est sympa de s’inspirer mais c’est encore mieux de créer.
 
Le roman pour adolescents « La danse du coucou », François Ozon l’a lu pour la première fois en 1985, à l’âge de 17 ans, bien avant d’être cinéaste.  
Cela aurait pu être son premier long-métrage, mais ce n’est finalement que son dix-neuvième, juste après « Grâce à Dieu ».
Peut être qu’il a attendu trop longtemps. 
Il aurait peut être dû commencer par ce film, pour que nos attentes soient moins grandes tout comme notre déception.
Effectivement après un film si poignant comme « Grâce à Dieu », revenir avec une chronique adolescente n’est pas vraiment ce à quoi on s’attendait .
 
Ce film avait pourtant tous les éléments pour avoir un grand succès, mais il est malheureusement très décevant.
Le film est entièrement tourné en Super 16, c’est le format des premiers courts métrages de François Ozon. Il disait que la pellicule s’imposait obligatoirement pour un film d’époque. Ce qui rend le film assez original, et des images très belles, mais cela ne suffit pas à sauver le film.
Il y a aussi de très bon acteurs comme Isabelle Nanty ou Valeria Bruni Tedeschit et surtout deux nouvelles têtes: Felix Lefebvre et Benjamin Voisin, dont l’alchimie est évidente, qui jouent les rôles principaux d’Alexis et David. Deux jeunes acteurs en devenir, qui sont très touchants. 
Sans oublier une bande son incroyable avec par exemple: In Between Days (The Cure) et Sailing (Rod Stewart).

Alors pourquoi on n’est pas si emballé que ça?  
Et bien il manque quelque chose, quelque chose d’essentiel.
Une histoire qui tient vraiment la route pour qu’on y croit vraiment et qu’on rentre dans le film. 
En effet ce film ressemble à un « teen movie », et non pas à une vraie histoire d’amour, sincère, pleine de jeunesse et de vie .
Et venant de François Ozon on ne s’attendait vraiment pas à ça.
                                         
« Été 85 », qui se veut solaire, chaleureux, avec des acteurs attachants, ne permet pas d’oublier le côte sombre, qui prédomine tout au long du film.
Ce n’est évidemment pas une nouveauté chez Ozon.
Il aime ce mélange des genres, avec un « côté transgressif. »
Mais dans « Été 85 », cela ne marche pas vraiment et fait pencher certains moments vers du burlesque, et casse alors toute possibilité de réel.
Comme la scène de la morgue où Alexis se jette sur le corps de David: l’embrasse, monte sur lui.
Dans la réalité cela est inimaginable. 
 
 Oui, un film c’est de la fiction, mais trop c’est trop, il ne faut pas non plus se moquer du spectateur.
 
 Le film est comme un puzzle à reconstituer.
 Il commence avec la voix d’Alexis qui est face au juge, qui nous raconte la mort de David. On commence le film en connaissant déjà la fin, c’est une introduction plus au moins maladroite mais au moins explicite.
 On est rejoint ensuite par des flash-backs.
 Le rythme s’écroule totalement et on se perd totalement dans le film, alors que cela commençait avec quelque chose de fort.
 Il y a l’insuffisance d’un moteur.
 Les dialogues sont très décousus, étonnant venant de François Ozon, il ne nous a pas habitués à cela. Avec beaucoup de phrases mélancoliques et parfois limite philosophiques qui n’ont rien à faire là, c‘est juste pour rajouter un côté poétique mais cela n’apporte vraiment rien à l’histoire.
Le « beau pour le beau » n’amène à rien et n’aide en aucun cas à  faire avancer l’intrigue.
De plus beaucoup de choses sont  imagées comme le rapport à la mort.
En effet le rapport à la mort est beaucoup trop appuyé durant tout le film, et on ne comprend vraiment pas pourquoi, rien ne nous l’explique.
On attend d’ailleurs toujours une explication…
Il est verbalisé par le personnage de David, mais aussi souligné  par les posters de momies qui sont sur les murs de la chambre d’Alexis. En quoi le fait qu’Alexis soit fasciné par la mort apporte quelque chose à sa façon de vivre ou l’aide à faire face à la mort d’un proche?  
De même, le coup du pari « j’irai danser sur ta tombe », qui est l’idée centrale du film, tombe à plat du fait qu’elle ne trouve ancrage dans aucun élément de l’histoire. 
Cela tombe comme un cheveu sur la soupe. 
C’est un pari gratuit, qui ne semble être là que pour sa dimension romanesque et vaguement poétique.
Surtout que quand David meurt il nous reste encore 40 minutes de film alors qu’on sait déjà que la fin sera la danse d’Alexis sur sa tombe et l’attente devient un peu longue.
Bien sûr, la scène où il danse sur la tombe, est un moment très poétique et beau, même touchant, mais cela n’a pas vraiment de sens.
Enfin les personnages secondaires ne sont pas vraiment traités ou sont carrément laissés de côté. Comme le personnage de Kate, jeune fille anglaise qu’Alexis va rencontrer, et qu’il va ensuite présenter à David.
Elle sert juste d’élément déclencheur à la dispute entre Alexis et David, mais on ne comprend même pas pourquoi elle est la cause de cette dispute.
 Il fallait surement trouver quelque chose.
 Cela décrédibilise l’histoire et la romance amoureuse.
 
                 Été 85 laisse un amer goût d’inachevé
 
Pourtant plein de sujets très intéressants étaient abordés, mais le réalisateur ne fait que les effleurer sans aller plus loin.

                 C’est alors une promesse trahie.

 Nous attendons avec impatience de voir son prochain film: « Tout s’est bien passé » qui sortira en 2021.
 Nous verrons alors si ce film réussit à ne pas nous décevoir,  si la situation critique actuelle nous le permet évidemment.

Ana Lorvo.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :