TENET (2020): Christopher Nolan a-t-il atteint ses limites? (SPOILER)

Le dernier film du grand Christopher Nolan divise, sa patte artistique est toujours présente, mais la faiblesse de son scénario lui fait défaut. Après le succès mitigé de « Dunkirk », le britannique a du mal à convaincre son public une nouvelle fois.

« Tenet », le palindrome qui renvoie à la chronologie d’un film qui peut se lire dans les deux sens. Christopher Nolan, grand passionné de physique quantique nous le fait ressentir dans ses films encore une fois. Dans « Tenet », les concepts du temps et du mouvement sont explorés. L’histoire commence avec le Protagoniste (John David Washington) participant à une mission d’infiltration de la CIA à Kiev dans le but de récupérer un puissant artefact. Après l’échec de cette mission, le Protagoniste, déclaré mort, se retrouve dans une nouvelle organisation appelée « Tenet », et doit maintenant sauver le monde. De quoi cependant ? Un vulgaire oligarque russe, Sator (Kenneth Branagh), qui travaillerait sur le rassemblement de plusieurs artefacts lui permettant de communiquer avec le futur. Le scénario est donc assez simple, un agent de la CIA en mission pour sauver le monde face à un méchant russe qui communiquerait avec le futur grâce à un concept physique que l’on pourrait définir simplement par le « mouvement inversé ». C’est ainsi que les choses se compliquent, sur le papier seulement, car Nolan fait tout pour accrocher son public en sur-expliquant le concept. Lors d’une longue scène avec une scientifique (Clémence Poésy), le Protagoniste reçoit une leçon sur le concept du « mouvement inversé », et cela au début du film. L’intrigue tombe à l’eau, le futur est en mission pour détruire le passé, et cela avec l’aide d’un méchant russe dont les motivations ne sont pas encore claires. Malgré la promesse de la scène d’ouverture, le puzzle de Nolan s’assemble devant nos yeux. « Tenet » est le point de rencontre dans le temps d’une guerre intertemporelle.

Scene de l’explosion de l’opéra.
© 2020 Warner Bros. Entertainment, Inc. Tous droits réservés.

Il y a tout de même valeur à regarder ce film, il est loin d’être mauvais, la mise en scène, la musique, et le jeu d’acteur nous rappelle que nous sommes bel et bien en train d’apprécier une œuvre d’art. L’alchimie bien présente entre le Protagoniste et son homme de main Neil (Robert Pattinson) est un plaisir pour le spectateur et sauve les faiblesses scénaristiques. Sator, est un vilain convaincant et cela crée une belle osmose dans le casting qui fonctionne bien ensemble. Robert Pattinson est tout simplement excellent, de par son charisme et sa présence à l’écran. Il nous livre une prestation sans faute, qui, si le film se montrait plus convaincant dans sa globalité, pourrait même lui valoir une nomination pour plusieurs prix. Les prouesses techniques de Nolan sont remarquables, tant les scènes sont belles à l’image. Un autre point renforçant cette opinion est la qualité des scènes tournées en « inversé ». Des chorégraphies époustouflantes poussant le spectateur sur le bout de son siège. 

Scène de la course-poursuite en « inversé ».
© 2020 Warner Bros. Entertainment, Inc. Tous droits réservés.

Mais il faut rester réaliste, cela ne rattrape pas la faiblesse scénaristique qui se fait ressentir chez Christopher Nolan depuis qu’il a arrêté de travailler avec son frère Jonathan Nolan (Interstellar (2014), The Dark Knight (2008), Memento (2000). Et c’est bien la raison pour laquelle « Tenet » ne s’inscrit pas dans la lignée des autres chefs-d’œuvre de Christopher Nolan. On notera églament le plot twist concernant le Protagoniste que le spectateur n’eut aucun mal à prédire tant cela était trop simplement amené. Mais si l’on fait abstraction de cela, « Tenet » reste un bon film avec un message important derrière. La fin est décevante lorsque l’on apprend que Sator a passé un marché avec le futur pour les aider à détruire le présent. La cause étant qu’il souffre d’un cancer en phase terminale et le futur le voyait comme le candidat idéal pour mener à bien leur vengeance. Car cela est bien une histoire de vengeance, comme Sator nous l’explique. Le futur est ravagé par la crise écologique, et les guerres sont interminables. Le présent est à blâmer, les efforts sont à fournir maintenant ou le futur n’existera jamais. Nolan nous glisse donc un message de prévention, et le Protagoniste n’ayant pas de nom, est la figure à laquelle chacun d’entre nous doit s’identifier. Nous sommes chacun responsable individuellement du futur de notre planète. Le futur est seulement composé de nos actes passés. Pour conclure, la plus grande faiblesse de « Tenet » reste que l’on attend beaucoup plus de Christopher Nolan, surtout que dans les films de vulgarisation scientifique il nous a quand même offert des bijoux tels que « Interstellar » (2014) et « Inception » (2010). Comparé à ces derniers, « Tenet » ne donne pas envie de le regarder une seconde fois.

Erdem Ozgunay.

Photo à la une: © 2020 Warner Bros. Entertainment, Inc. Tous droits réservés.

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