Paris Photo ou photo répétition : perspective d´un déjà vu

La dernière édition de Paris Photo en 2019, nous a donné l’impression d’un replay des rencontres précédentes. Une déception à une époque dont la photographie est la reine, même sur les réseaux sociaux.

© Florent Drillon

Moment de distanciation sociale et je me souviens des moments où nous avons assisté à des événements publics et des expositions. En 2020, la pandémie de la Covid 19 nous a fait apprécier même les plus petits moments et plaisirs quotidiens. C’est pourquoi j’ai passé en revue les événements auxquels j’ai assisté les années précédentes et je dois avouer que, bien que ces réunions publiques et massives me manquent, certains m’ont laissé un mauvais goût.

Tel a été le cas de la dernière édition de Paris Photo 2019. Il s’agit de la grande Foire internationale dédiée à la photographie, un évènement incontournable pour les collectionneurs et autres amateurs dans le paysage de la photographie.
La Foire se tient chaque année sous la Verrière du Grand Palais à Paris. Depuis 1997, l’exposition œuvre au développement et au soutien de la Création Photographique en promouvant le travail des galeristes, des éditeurs et des Artistes.

Depuis mon arrivée à Paris à l’été 2017, j’ai eu l’occasion d’assister à toutes les éditions et la dernière m’a fait sentir une sorte de déjà-vu. Inquiétant quand nous parlons d’une exposition sur et pour la photographie, plus inquiétant encore quand les réseaux sociaux utilisent la photographie, les filtres et la retouche pour manipuler la réalité. Dans un tel scénario, la photographie, cet art multidisciplinaire devrait être représenté dans son ampleur.
Sur la pluralité et la représentation, nous nous trouvons devant une foire, qui, comme les années précédentes, a privilégié la présence de grandes maisons d’édition, grandes marques et produits photographiques et ne laisse pas beaucoup de place pour les nouveaux créateurs, étudiants et écoles. De plus, c’était un événement qui a remémoré des gloires du passé, des légendes de l´appareil photo et une autre nouvelle création.
Au niveau des installations et des nouvelles plateformes, nous avons pu voir le travail de beaucoup de photographes et d’artistes graphiques qui expérimentent de nouveaux supports, en particulier l’impression sur métaux, mais dans de nombreux cas, ces exposants ont répété stand comme dans l’édition de 2018.
Nous constatons encore que, bien qu’il s’agisse d’un salon appelé international, on voit la présence de grands galeristes de New York, de Londres ou de Berlin, mais il relègue au dernier plan des photographes indépendants sans représentation de galeristes renommés. On préfère aussi, répéter l’installation de vieux travaux déjà présentés à la foire, tandis que de nouvelles créations en provenance d’Afrique ou              de l´Amérique Latine atteignent un minuscule espace d’exposition.
Des agences comme la Gagossian Gallery ou Magnum, des stars comme Raymond Depardon, Man Ray ou Peter Lindbergh étaient présentes comme toujours.

C’était une année où l’univers de la négritude était très apprécié dans la scène d’exposition parisienne, avec des évènements dans cette direction. Par exemple celle de Jean Michel Basquiat à la Fondation Louis Vuitton ou l’exposition dédiée au modèle noire au Musée D’Orsay.
À Paris Photo 2019, Zanele Muholi, connue comme la Reine Noire a eu son spotlight. Cette Sud-Africaine fait de ses Portraits et autoportraits des Sculptures vivantes. Ce n’était pas une surprise, compte tenu qu’elle est lauréate du premier prix Casa África décerné à la Biennale de Bamako en 2009, mais ce fut un plaisir de voir son œuvre au milieu de cette mer de répétitions sous la verrière du Grand Palais.
J’espère que les deux éditions de confinement de 2020, ouvriront un espace pour repenser ces vitrines d’art. Espérons que 2021 soit une année au cours de laquelle, après avoir pris du recul et revenir aux origines imposées par la Covid, on pourra créer une nouvelle normalité pour voir et partager l’art à partir d’une vision plus plurielle, représentative, nouvelle et surtout : adaptée à la réalité. Il va falloir ouvrir l’œil.

Elaine Nava (MC2L)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :