Présidentielle Américaine : La théorie de la fraude électorale divisÉ

On est le 9 Novembre 2020. Cela fait 6 jours que les bureaux de votes sont clôturés aux Etats-Unis. La plupart des chaînes de télévisions et des réseaux l’ont annoncé : Joe Biden, candidat du parti Démocrate, a été élu 46e président du pays. Tout cela ne serait pas sensationnel si ces élections étaient normales. Mais dans l’Amérique de Trump, rien n’est simple, ni « normal ».

Des élections sous haute tension

Il y a comme des relents de l’élection présidentielle ratée de l’an 2000 (entre Al Gore et George W. Bush) cette année-ci. Le dépouillage des votes n’a pas été une mince affaire et s’est montré très éprouvant ; aussi bien pour les sympathisants démocrates que républicains. Mais depuis plusieurs semaines, le président sortant accuse son opposant de préparer une fraude de grande envergure sur les futures élections. Coup de théâtre ; ce 3 Novembre dernier, les deux camps respectifs on un taux de participation record. Ayant une légère avance, annulée après quatre jours intensifs de comptage, le président se voit perdre doucement la course face à son adversaire.

Finalement, le 7 Novembre, la dépêche tombe. Joe Biden, le candidat du parti démocrate a gagné les 270 grands électeurs nécessaires pour devenir le nouveau président des Etats-Unis. Plusieurs états clés (dont la Géorgie et la Pennsylvanie) sont passés au bleu grâce à une nouveauté : le système de votes par correspondance. Celui-ci a fait basculer le collège électoral d’une légère majorité pro républicains à une majorité décisive démocrate.

En théorie Donald Trump sera toujours le président des Etats-Unis jusqu’au jour de l’investiture de Joe Biden, le 20 Janvier 2021.  Mais tout comme Al Gore, Trump veut aller au tribunal pour contester les résultats de l’élection qu’il juge, pour le moins, frauduleuse. Il compte bien tout faire pour qu’il n’y ait pas d’investiture. L’équipe du président, mené par son avocat (et ancien maire de New York), Rudy Giuliani, a déposé au moins sept recours de litige dans six Etats : la Pennsylvanie, le Michigan, l’Arizona, le Nevada, la Géorgie et le Wisconsin. Le but serait de faire invalider les « mail in ballots » (votes par correspondance) faits dans ces états clés. Un maigre espoir pour le président, car si un nouveau comptage des voix peut en théorie lui faire gagner quelques voix de plus dans certains états, il en manquent plusieurs dizaines de milliers pour faire tourner les élections en sa faveur.

Depuis les élections, il y a un profond sentiment de malaise au sein du parti Républicain. Très peu de politiciens Républicains, ou ceux élus au congrès, ont osés se mettre du côté du président. Le parti compte toujours sur le fait qu’il possède la majorité au Sénat, assez pour contrecarrer les plans juridiques du futur président Démocrate. Quant au président Trump, il ne peut plus compter que sur ses proches et ses supporters les plus fidèles. D’après des sources internes à la maison Blanche fournit par CNN, la première dame du pays Mélania Trump serait en train de pousser en privé le président à accepter sa défaite. Le président de son côté, il a passé le week-end dernier à jouer au golf en Virginie. Laissant les médias, tout comme ses alliés, spéculer sur les différents scénarios possibles de transition du pouvoir.

Donald Trump filmé en train de jouer au golf en Virginie près de Washington ce samedi dernier à la suite de l’annonce de la victoire de Joe Biden sur les élections 2020 © CTV NEWS

Pourtant, il n’en démord pas et mène sa croisade sur Twitter, où il accuse ses opposants d’être des « voleurs », qui, grâce à l’aide de machine trafiquées et de faux votes par correspondance ont « volé les élections » américaines. Une rhétorique très dangereuse qui jette de l’huile sur le feu dans un pays qui s’est progressivement polarisé. Ses détracteurs quant à eux, demandent des preuves de cette soi-disant, fraude, preuves que le président n’a toujours pas fournies. Fidèle à son style, il serait en train de planifier des grands meetings de soutien dans la bataille juridique à venir, d’après son porte-parole Tim Murtaugh. De surcroit, des appels aux dons ont été lancés, avec pour but de contribuer à payer les honoraires des avocats embauchés pour défendre les requêtes devant les tribunaux. Mais selon ABC News, 60% de l’argent récolté jusqu’à présent sera consacré au remboursement des dettes contractées.

Donald J. Trump © Twitter

Un président seul face à tous

Pendant que Joe Biden se prépare à assumer les fonctions de président face à ce mutisme de ses alliés et à un monde ; à part quelques pays (comme la Russie et la Chine) qui ont déjà félicité l’élection du nouveau Président, nous sommes en droit de nous demander jusqu’où ira le président Trump. Ayant reçu plus de 70 millions de voix (7 millions de plus qu’aux dernières élections), et un support virulent sur les réseaux ; ces élections ont montré deux choses. Que le président sortant est toujours aussi populaire, et qu’il est possible que nous soyons partis pour une longue bataille juridique devant les tribunaux ; semblable à ce qui est arrivé à la suite des présidentielles de 2016. Cette année-là, Donald Trump a été accusé de collusion avec la Fédération de Russie par les supporters du parti démocrate ; ce qui a lancé l’engrenage de la polarisation des pro et anti-Trump. Ce dernier retentissement marque encore une fois la profonde crise au sein de la société américaine qui ne saurait pas disparaitre facilement après le départ de Trump de la maison Blanche.

Rancic Emil

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