harris: un grand pas pour les démocrates,un petit pas pour les femmes?

Alors que la nouvelle vice-présidente des Etats-Unis vient d’être élue aux côtés de Joe Biden, tous les regards sont braqués sur le nouveau visage de l’Amérique. Le patriarcat ancré dans la politique du pays donne l’impression d’être démodé, alors que la candidature d’Hillary Clinton avait déjà commencé à dépoussiérer les mœurs et questionner la misogynie traditionnelle. Mais peut-on aujourd’hui s’avancer et parler de progrès après ces dernières élections ?

Victoria Woodhull by Mathew Brady / Hillary Clinton © Reuters / Kamala Harris by Carlos Barria

Derrière cette victoire synonyme de soulagement pour une partie du continent affaiblie par le mandat tumultueux de Donald Trump, un autre semblant de petite victoire: celle du féminisme. Les chaînes d’information en boucle n’auront jamais autant diffusé de femme politique qu’avec cette victoire du duo Joe Biden – Kamala Harris. L’occasion pour tous de remonter dans le temps et comprendre qu’à défaut d’arriver au sommet, d’autres grandes dames se sont battues elles aussi dans une guerre politique réservée aux hommes, et donc déjà perdue d’avance. La première femme à s’être présentée aux élections présidentielles des Etats-Unis est Victoria Woodhull, c’était en 1872, 50 ans avant que le droit de vote ne soit accordé aux femmes. Cette pionnière prônait l’amour libre tout en étant fermement engagée dans la cause ouvrière et la lutte pour les femmes; une figure forte pour qui la vie n’a pas été un long fleuve tranquille. Son parcours se distingue par son originalité; Victoria Woodhull a commencé comme magnétiseuse en sillonnant les routes avant de s’engager politiquement. La force de cette femme, comme d’autres après elle, fait écho aux efforts de celles politisées et visibles d’aujourd’hui.

Mais que disent les résultats de cette nouvelle élection? Peut-on vraiment parler d’avancée ? 8 millions de personnes de plus qu’aux élections de 2016 ont voté pour Donald Trump. 43% des Américains qui ont souhaité redonner le pouvoir au candidat républicain étaient des femmes, un constat qui vient ternir l’image des résultats d’une élection que certains voient comme progressiste.

Source: The New York Times

Finalement, les élections de 2020 sont là pour rappeler à ceux qui l’avaient oublié que tout le monde peut occuper des fonctions politiques importantes, sans distinction de genre. Il serait hypocrite de voir dans ce nouveau duo présidentiel homme/femme une nouvelle ère politique en termes d’évolutions, surtout à l’échelle de ces 150 dernières années. Il faut garder en tête que Joe Biden n’a pas fait un choix dénué de stratégie en plaçant à ses côtés une femme, ce qui peut nous faire questionner ses intentions quant à leur collaboration à venir. Cette nouvelle élection, glorifiée par la médiocrité de la présidence de Donald Trump, a un goût de déjà-vu: en se penchant sur le mandat de Barack Obama de 2009 à 2017, on a plus l’impression d’un mirage politique que d’une avancée, tant la lignée des présidents dans laquelle il s’inscrit surfe sur le même ton. C’est ce qui, en partie, freine l’enthousiasme à l’heure où les cris de victoire résonnent encore dans les rues aux quatre coins du continent.

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